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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 09:04

         N’était cette petite fraîcheur un peu frissonnante, mais tonique et revigorante, du matin, on pourrait presque se croire revenu aux temps bénis de mai, si pleins d’élan joyeux dès l’aube, si pleins de promesses de douceur – ce dont nous avons été cruellement préservés par les saisons passées qui se sont faites exprès pour nous contrarier. Mais n’est-ce pas à montrer au doigt, cette tendance héritée à donner tant de place à la météorologie, dans le monde où nous devons naître, croître et mourir (je pense ici toujours à l’expression anglaise si corrosive qui résume l’existence selon les fonctions où on fait intervenir l’Eglise : hatch, match, dispatch – mot à mot éclore, apparier, expédier) ? Ce souci instinctif du « Quel temps fait-il ou va-t-il faire aujourd’hui ? » souligne l’étroitesse de manœuvre de notre comportement mécanique au quotidien. Les Berbères chassés du Neghev ne se posent pas la question dès le réveil, ni les Somaliens dans leur contexte à tendance désertique, ni les familles déjà décimées par la faim lorsqu’elles doivent se traîner toujours plus loin sur les pistes sans eau de l’Afrique en flammes. On pourrait croire que dans notre petite médiocrité pantouflarde nous avons un besoin instinctif de vérifier si nous pouvons nous plaindre de quelque chose – pourquoi pas le temps qu’il fait, qui prête toujours à commentaire ? – pour cacher une vague gêne de n’avoir, indécemment dans le contexte planétaire, rien de plus grave à déplorer.

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commentaires

D
De plus, je soutiens que –bien plus que le vent– ce sont les bulletins météo qui rendent le froid plus aigu.
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