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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 08:26

         Ce sinistre commerce  de donner son sang pour de l’argent afin de mieux survivre quand on est misérable, vivant dans un village primitif sans confort ni avenir, coupé du reste du monde la plupart du temps et dirigé par un chef de village souvent sage et respecté (avant d’être remplacé par quelque intrigant qui a soudoyé un membre du Parti du District et revient pourvu d’un certificat de nomination avec son cachet rouge) s’est répandu à travers les provinces comme une traînée de poudre. L’ignorance crasse des paysans, leur naïveté absolue en matière d’hygiène ou de physiologie a permis à des millions d’entre eux de se vendre, d’abord avec réticence, puis de plus en plus fréquemment, au risque de se ruiner la santé avant même qu’on se soit aperçu que les prélèvements faits sans la moindre précaution répandaient le sida à grande échelle. Il faut imaginer la vie dans ces villages où les uns meurent lentement dans la déchéance, tandis que les autres – les plus avisés – ont organisé cette vente du sang en gros avant d’organiser le trafic des cercueils dont on a besoin en abondance. C’est ainsi que dans chaque village se construisent des fortunes colossales grâce à cette rentabilité, cyniquement aménagée, de la vie et de la mort des autres.  Inutile de souligner que nombre de romans traitent de ce sujet révoltant, toujours opposant la misère résignée à tout des plus que pauvres à la perversité des meneurs qui ont leurs entrées chez les autorités du District ou de la Province. Je vous en parlerai encore, sauf si vous criez grâce – mais alors criez fort, que je vous entende !

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