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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 08:34

         Ce n’est certainement pas avec Thaïs qu’on va me rabibocher avec l’opéra. Je ne raffole pas de Massenet, bien que j’aime ses sonates pour piano si rarement extraites des ténèbres où elles sont tombées. Toutefois c’était une bonne occasion de regarder sur Mezzo ce que pouvait bien donner la résurrection d’un opéra âgé de près de cent cinquante ans. J’ai tenu un petit quart d’heure, non compté le sommaire où chaque interprète donnait un échantillon de ses performances vocales et plastiques. Avec tous les moyens et toute l’ingéniosité du monde, on n’arrivera jamais à faire tenir debout un opéra, genre par nature mâtiné perruche et cochon d’Inde. Au décor traditionnel de carton pâte avait été substitué un univers de bande dessinée, les braves moines qui peuplaient ce coin du désert disséminés entre les rochers arides comme des pions sur un échiquier avant la partie. J’aurais pu passer par-dessus les singeries effectuées en chœur pour témoigner de la ferveur locale, mais comment accepter ce récitatif – un des pires que je connaisse, et j’en connais beaucoup –  pour présenter le frère Athanaël avant son retour ? Je ne vois pas pourquoi on donnerait ses lettres de noblesse à cette enfilade de sons sans mélodie ni rythme perceptible, sans d’autre part les reconnaître au rap qui expose lui aussi ce qu’il a sur le cœur avec au moins un rythme tonitruant. Je comprends mieux pourquoi la Méditation de Thaïs (partie émergente de l’iceberg englouti) sur laquelle les crincrins s’exercent pour les récitals d’élèves de fin d’année, a eu, elle, la vie dure : c’est qu’elle suivait une ligne mélodique sirupeuse capable d’émouvoir les épiciers, et sans doute pouvait-elle être suivie avec un peu d’intérêt, récompense que refusait d’accorder le reste de l’oeuvre je le suppose. C’est peut-être là un jugement téméraire, mais ne me demandez surtout pas de retourner vérifier si j’ai tort ou raison…

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commentaires

D
Ah oui, les récitatifs, c'est une plaie, quel que soit le compositeur. Il n'y a guère que les snobs qui les goûtent.
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