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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 09:44

         Quand je signe une pétition (et croyez-moi, mes belins-belines,  cela m’arrive souvent), je n’éprouve jamais le besoin d’ajouter un commentaire personnel, même si on le sollicite. D’une part, le fait de signer est essentiel : ajouter une voix, c’est comme ajouter dix sous à la quête, ça gonfle le volume. D’autre part, les commentaires que j’ai l’occasion de lire sont en général si médiocres, si pitoyables avec leurs banalités et leurs fautes d’orthographe que je n’aurais même pas envie de montrer qu’en trois petites lignes je peux faire mieux. Non, je n’ajoute rien à ma signature, puisque j’accepte qu’elle s’accompagne de mon nom et de mon adresse. Mais je suis très attentive au destin de la pétition à laquelle je viens de donner mon accord plein et entier. Il ne me suffit pas de recevoir les félicitations ( !) des organisateurs une fois que je me suis enregistrée dans leurs rangs : j’en attends des nouvelles avec impatience. Et, incroyable mais vrai, ces nouvelles clament souvent la victoire. Non seulement des mesures locales inacceptables (mairies, départements, responsables de la police, directeurs d’institutions….) se voient soudain retirées, mais même des décisions de portée infiniment plus dévastatrice arrivent à être suspendues par la multiplication des signatures : ainsi ce projet australien qui devait, pour faciliter l’acheminement du pétrole, endommager irréparablement la grande barrière de corail a été anéanti. Il y en a d’autres, que j’ai eu plaisir à constater. Voyez-vous, il est réconfortant (même si cela trahit une trop grande naïveté dans ce monde pourri) d’imaginer qu’enfin, grâce à l’appui des moyens fantastiques de communication d’à présent, on pourrait de temps à autre faire entendre sa voix parmi des millions d’autres – et qu’on serait entendu…

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