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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 08:51

         C’est avec appréhension que j’abordais hier soir – sur Arte, tout le monde peut regarder, mes belins-belines -  ce film si British au titre décourageant « Un mariage de rêve ». Je savais que Kristin Scott-Thomas en belle-mère acariâtre ne me permettrait pas d’admirer sa beauté si pure, celle du Patient anglais où on ne voit qu’elle, malgré la présence au long cours de la lumineuse petite Binoche. Je ne guettais point trop non plus les frottements mortels entre la civilisation britannique des grands domaines (encore, en 1930, emmitouflée dans ses préjugés d’avant 14) et la vision de la société entretenue par la libre Amérique des classes riches : le clash devenant poncif risquait de traîner son poids d’ennui. Et surtout j’avais peur de retrouver dans le rôle du père de famille mon cher Colin Firth, celui de Orgueil et Préjugés (je vous le dis en français pour que vous puissiez suivre, mes agneaux), celui de La Jeune Fille à la Perle,de La Conférence de Wannsee, au cours de laquelle fut prise la décision du Reich de supprimer les Juifs d’Europe et où il jouait le seul officiel épouvanté par pareille élucubration… ou de tant d’autres films récents où il est toujours si beau : j’avoue que j’avais peur de le voir vieilli ou vieillissant. Eh bien, j’ai bien fait de me fier à un scénario de Noel Coward qui savait donner tant d’élégance au boulevard… Colin Firth était superbe avec son masque fatigué, sa lassitude tchékhovienne, son opposition sarcastique à sa mégère d’épouse. Son personnage domine, témoin muet mais éloquent des efforts de cette épouse pour maintenir des traditions grandioses périmées. J’avoue que le sort du mariage de son fils avec la belle Américaine qui étouffe  dans cette atmosphère ne m’a guère préoccupée : c’est son évolution à lui, compréhensif et sympathique puis chaleureusement gagné, que j’ai suivie avec bonheur, jusqu’à ce tango dans le style de Gardel qui nous est offert en prime et qui annonce la conclusion. Une seule étoile pour annoncer cette réussite… A qui se fier, grands dieux ?

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