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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 10:33

         Je ne prends connaissance, et toujours avec circonspection, des « blockbusters » dont on a clamé partout l’excellence, qu’une fois les enthousiasmes retombés et les échos amoindris. On peut alors juger plus sainement, me semble-t-il. Car si j’ai la plus vive réticence à accompagner les délires des foules, je me connais d’autre part assez pour avouer que j’ai plutôt tendance à dénigrer ce que la voix du peuple a porté aux nues. C’est pourquoi j’ai abordé hier avec méfiance ces Intouchables dont le phénoménal nombre d’entrées en salles obscures de par le vaste monde a dépassé, d’abord Titanic, et même Amélie Poulain – c’est vous dire si dès le départ je me trouvais encouragée. Eh bien en fin de compte je ne comprends ni l’engouement ni le dénigrement. C’est un film bien fait, avec de plaisantes minuties (par exemple, qu’on retrouve tous les candidats du début pendant l’absence de l’alter ego pour raisons familiales, ou les instants de rire entre les deux complices) qui campe deux personnalités destinées à se haïr socialement alors qu’elles forment une entité indiscutable, tendrement solide. C’était prévu, d’ailleurs, et on assiste au polissage de l’aide-soignant sans surprise mais avec plaisir, de même qu’on applaudit au jeu raffiné de François Cluzet d’habitude si nerveux, si teigneux, si torturé pour rien. Il reste cependant quelques questions : que pourra  devenir la fille, dans ce contexte familial bizarre où tout pivote autour du grand malade ? et, surtout, comment généraliser et décréter qu’on peut rire de la tétraplégie étant donné que chaque tétraplégique n’est  pas, à ma connaissance, traité dans de pareilles conditions de superluxe ? Tout de même, et à mon humble avis, The Artist n’avait rien à craindre dans la compétition pour les Oscars…

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