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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 10:14

         J’aimerais bien discuter livres avec vous, mes belins-belines, mais comment faire pour que nos lectures puissent coïncider en temps et goûts ? J’espère que vous êtes tous et toutes aussi éloignés de la collection Arlequin que je le suis (n’ai pas pu terminer un livre qu’on m’avait prêté en espérant me séduire… Il y avait dès le départ erreur sur la personne), mais je ne vous souhaite pas lecteurs exclusifs de Proust – non, mais quelle idée ! Je vous souhaite plutôt ouverts à la galaxie Gutenberg dans ses manifestations récentes : il y a tant à découvrir (trop, même : on n’y peut faire face), surtout me semble-t-il dans les domaines étrangers qui sont de mieux en mieux représentés chez nous. En fait, les traductions, en majorité d’auteurs américains,  abondent, dont on ne peut toujours garantir la qualité d’excellence mais dont au moins un bon niveau d’honnêteté est généralement assuré. J’aimerais ici, comme je l’avais fait pour ce roman étonnant de Colum McCann  Et que le vaste monde poursuive sa course folle, ou un peu dans le désordre pour la littérature chinoise dont je vous avais juste révélé quelques thèmes fascinants, attirer votre attention sur Louise Eldrich, dont l’ascendance indienne ojibwa, fièrement mais subtilement revendiquée, commande toute l’inspiration. Ses romans en général se passent dans des familles indiennes,  ou insistent sur les relations difficiles entre Indiens et « Blancs », les uns parqués dans des réserves pour mener une vie sous contrôle sans relief ni facilité, les autres opérant leurs délits ou leurs crimes en des lieux bien repérés où la justice américaine et la justice tribale sont en conflit d’attribution, ce qui garantit aux violeurs en particulier une impunité absolue. L’identité    indienne, même lorsqu’elle se traduit dans des milieux évolués – artistes, enseignants – est observée avec une scrupuleuse tendresse et un beau style prenant : l’ouverture sur ce secteur de civilisation et d’histoire mène à une promenade particulièrement attachante. Dans le silence du vent est un beau roman  tout récemment traduit, où une violente crise familiale oppose et mêle les réactions  entre générations. Notez bien : Louise Eldrich. Un cru à part.

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