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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 10:20

        J’ai reçu un coup au cœur, hier, lorsque j’ai appris que Seurat était mort à trente-et-un ans et qu’il n’avait alors vendu aucune toile – il n’en avait d’ailleurs pas beaucoup en réserve, puisqu’il lui avait fallu deux longues années pour achever de manière à en être satisfait son Dimanche après-midi dans l’île de la Grande Jatte. Autre chagrin, en même temps, mêlé d’indignation et de colère, à découvrir que lorsque sa toile gigantesque fut enfin acceptée pour le Salon des Indépendants, Monet, Manet et Renoir retirèrent leurs œuvres en signe de protestation contre pareilles théories artistiques qui imposaient la raideur, l’immobilisme, le fabriqué au vaporeux, au mouvement, à l’impressionnisme des couleurs et de la lumière. D’un modernisme à l’autre, il n’y avait donc nulle compréhension ? Chacun adorait son saint en refusant à celui du voisin toute vertu miraculeuse… Vous imaginez toutefois sans vous forcer qu’on puisse être aussi mesquin dans le milieu artiste que dans le milieu universitaire, aussi féroce peut-être – dès qu’un talent est découvert, ne vaut-il pas mieux l’étouffer avant qu’il n’attire l’attention, ou, encore pire, qu’il ne fasse école ? Heureusement pour Seurat (ou pour nous plutôt, car lui-même et la maladie qui l’emporta n’en virent rien) son Dimanche après-midi à la Grande Jatte est devenu non seulement l’une des plus célèbres toiles du monde, mais aussi une peinture dont les mystères se doivent d’être explicités l’un après l’autre…ce qu’on n’a certes pas à faire en face des iris ou des nénuphars qui se répètent à satiété du côté de Giverny…

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