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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 10:23

         Il y avait bien longtemps que je n’avais pas revu High Noon,  ce train qui en sifflant trois fois déclenche les affrontements affolant la ville – seul contre quatre, le shérif est condamné d’avance et tout le monde se terre en se voilant la face. J’en avait conservé un souvenir si précis que… j’attendais même la projection d’une plante d’intérieur par une fenêtre pour détourner l’attention d’un tueur et permettre au héros solitaire de récupérer une arme (comme quoi mes souvenirs s’empruntaient à Rio Bravo, et je me suis trouvée vexée d’avoir fait la confusion). C’est que, cette solitude du shérif vieillissant, elle était soulignée avec un sérieux qui finissait par prendre à la gorge – c’est peut-être dans la phase d’action qu’on ne comprend pas parfaitement qu’il puisse se défaire des  quatre malfrats l’un après l’autre, il semble même qu’il y ait un corps en trop. Mais la lâcheté collective avec ses mauvais prétextes ou ses abandons individuels, qui est le thème essentiel du film et symbolise la pleutrerie de tous devant le maccarthisme et ses listes noires, est analysée de manière prenante.  Cette sobriété élégante de Gary Cooper, affrontant seul la mort puisque c’est là son devoir, résonne superbement à travers tout le développement de l’événement, et l’abandon de son étoile de fer-blanc dans la poussière, en guise d’adieu à cette foule de poltrons, a sur le public des spectateurs une valeur cathartique réconfortante. Et j’avais oublié que la chanson se déclinait tout au long du film, sans ajout supplémentaire – de quoi suivre les paroles sans problème, ces paroles écrites pour la circonstance : Si toi aussi tu m’abandonnes…

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