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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 08:57

            Je n’arrive pas à comprendre la sévérité du jugement porté par Tata Télérama sur Gatsby le magnifique, ce film étincelant et si profond où pour ma part je retrouve si bien l’atmosphère de The Great Gatsby( je dirais presque que je ne comprends pas cet acharnement répétitif, mais c’est seulement qu’à chaque programmation de films déjà présentés on nous refile les quelques lignes prononcées une ancienne fois puisque le travail a déjà été fait, donc nulle variation d’opinion possible). Voilà plusieurs occasions de m’irriter au passage, et après nouvelle vision samedi soir je m’irrite carrément. Comment dire que l’adaptation du roman est « luxueuse mais vaine », qu’il n’y a « aucun frisson, aucune blessure, aucune douleur » ?  La perception est frappante, au contraire, entre cette atmosphère tourbillonnante et évaporée d’une classe riche, médisante et raciste (autant à l’égard des origines modestes que des couleurs de peau)  et le parvenu dont on ignore le passé guerrier mais qu’on se plaît à charger de tous les crimes, ce qui fait ressortir la ténacité de son attachement silencieux  et la futilité bancale d’une liaison  désormais acceptable pour la femme puisque Gatsby est devenu riche. Que toute l’histoire soit vue à travers les regards observateurs et critiques du cousin qui sert de lien entre Gatsby et ce milieu pervers est précisément une réussite : la cruelle et permanente irresponsabilité de la femme, l’infamie du mari, la vanité essentielle de leur existence suppriment toute possibilité de sentiment profond. C’est seulement chez Gatsby, cible de toutes les haines et victime de tous les malentendus, que réside l’intensité de la passion : l’observateur, lui, ne s’y trompe pas.

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