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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 08:42

         J’ai regardé samedi, de nouveau, Magnolia. Non par passion mais en attendant autre chose. Et bien m’en a pris : j’ai été ravie de pouvoir admirer la construction si complexe de cette histoire étrange qui entremêle les sujets les plus divers et finit par clore à la perfection chacune des intrigues. Tom Cruise en provocant défenseur de la brutalité du mâle (mais qui ne se console pas de la mort de sa mère) ; les enfants surdoués qu’on exhibe dans les concours télévisés et dont on exige qu’ils remportent la victoire (la révolte du plus doué d’entre eux contre la tyrannie de son père est bouleversante) ; la droguée irrécupérable que le policier plein d’humanité voudrait sortir de sa déprime (sans deviner que c’est plus grave et s’accusant  naïvement de n’être pas à la hauteur) ; l’ancien champion du concours des hyperdoués devenu une épave traînant dans un bar dont il aime en vain le barman, lui-même déjà « retenu » par un petit vieillard lettré et riche; la star de  télévision  meneur des jeux qui meurt pratiquement en public, rongée par le remords d’avoir violé sa fille autrefois (c’est la droguée irrécupérable) ; la prostituée déjantée qui utilise les ordonnances de son mari à l’agonie pour se procurer les médicaments dont elle va tenter de se suicider dans sa voiture… Tous les fils qui traînaient à terre sont merveilleusement noués, l’organisation en mosaïque de la première heure apparaît dans son dessin rigoureux. Sur toutes ces déviations lamentables plane l’idée de châtiment, concrétisée par cette incroyable et répugnante pluie de grenouilles qui recouvre la ville, qui cause des accidents, sur lesquelles on glisse et tombe… C’est sur cette vision d’épouvante qu’on est obligé de rester, avec ce « It just happened » (c’est bel et bien arrivé) sur l’interrogation duquel on demeure, pantelant…

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commentaires

S
Chère Lucette Desvignes, je n'ai pas vue ce films. Alors pourquoi venir ajouter quelques lignes, là, pour gloser, pour pavaner, pour ne rien dire, peut-être ? Si, le sentiment, si commun, d'une vie qui n'est pas la meilleure possible, et le sentiment d'avoir failli dans l'aide apportée, alors que l'on ne pouvait pas grand-chose, me paraissent bien mériter, entre autres entrelacements de fictions, un film. Bien à vous.
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