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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 09:51

            Est-ce un juste retour des choses ? s’agit-il d’une évolution naturelle ? ou trouvons-nous automatiquement dans nos domaines de divertissement le reflet de notre civilisation qui vire si facilement au sinistre ? Toujours est-il que le personnage du policier dont il y a foule sur les écrans du monde a depuis longtemps perdu son allure flambante de héros qui devine tout et sait à merveille débusquer les coupables d’où ils se cachent, agrémentant son temps de fonction d’amours parfois compliquées où la femme fatale ne lui simplifie pas la tâche. Or il semble que tout ceci soit bien fini. Le policier, garant de l’équilibre et de la sécurité d’une société malade, a dépassé le stade des pourris à l’américaine en émergeant à ses risques et périls au sein de la corruption de ses collègues. Il est maintenant, si l’on en croit les séries nordiques en particulier, essentiellement morose, rongé de soucis (il est veuf ou divorcé, chargé de famille, avec des adolescents qui le méprisent et font le contraire de ce qu’il attend d’eux, trompé par sa femme, inquiet pour sa santé, mal défendu par ses supérieurs) – bref chaque enquête se termine dans l’amertume et non sur une note de triomphe. Les 8 épisodes de Broadchurch, programmés sur la 2 donc visibles par tout le monde, confirment  la règle : David Tennant, mal rasé, toujours mal habillé, rendu grincheux et hargneux par cette santé délabrée qui le dévore, mène son enquête à coups de malaises et d’hospitalisations auxquels il réussit à opposer une obstination farouche. En fait, la fin de l’histoire fait la lumière sur la mort de l’enfant disparu, mais je me demande si l’on ne reste pas davantage marqué par la dégradation physique du policier aux joues décharnées et au regard hanté qui réussit à mener à son terme une enquête particulièrement délicate.

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