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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 14:27

         En contexte anglo-saxon, surtout aux Etats-Unis, la phrase–symbole du sérieux des problèmes familiaux c’est « We need to talk » (il faut qu’on se parle, et même, selon l’urgence du vocabulaire et du ton, Il faut absolument qu’on se parle). Cela se dit entre ménages, entre générations – l’un des partenaires a pris conscience d’un élément grave ou qui risque de s’aggraver, l’autre prend son temps pour répondre et la mise au net du problème attend dommageablement. C’est cet éclaircissement sur les dangers d’une éducation mal faite que traite, avec violence, le film intitulé We need to talk about Kevin. L’étrange gamin en question hait sa mère dès la naissance ; même encore nourrisson il refuse de l’embrasser, de lui parler, la contrarie exprès avec une cruauté qui ne fait que croître et contre laquelle la mère se sent impuissante. Le père refuse toute explication à ce sujet, car l’enfant s’épanouit (exprès) dès qu’il le voit, est avec lui docile, aimant, facile à vivre, ce qui semble donner à la mère la psychopathie d’une névrosée. On est toujours en attente d’une discussion entre parents qui rétablirait la vérité, et le contexte présent depuis la première séquence (du sang giclant sur la façade de la maison, indélébile ; des foules hurlantes baignant dans une marée de sang ; une hostilité glaciale des voisins, avec insultes, gifles, mise à l’écart brutale , le tout distribué au cours du film par inserts soudains logiquement incompréhensibles) s’explique in extremis, donc trop tard : l’adolescent gonflé de haine va, non pas tuer la mère (il est devenu un as du tir à l’arc) mais toute une assemblée de jeunes condisciples, ce qui décimera la ville. A retenir, à l’écart des victimes agglutinées par paquets, le corps du père, première cible, percé de flèche. Il aurait dû accepter plus tôt de discuter du problème. L’écho est net, ici, des exécutions à l’américaine dans les lycées ou les universités, dont la mode paraît se répandre tristement dans le monde : mais ces cas étonnamment inexplicables auraient-ils pu être réglés ou prévenus par l’éducation seule ? On peut en douter.

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