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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 10:07

Au hasard de fouilles frénétiques pour trouver un papier dont j’ai besoin (autant dire chercher une aiguille dans une meule de foin), je viens de découvrir un vieux blog – trois ans ? quatre ans ? sans doute au moins ce temps puisqu’il mentionnait l’embrasement de l’hôpital de Holby City et qu’il y a belle lurette que j’ai abandonné ce feuilleton répétitif – où déjà, mes belins-belines, je vous entretenais du tragique en utilisant les exemples tirés de la télévision (oui, je sais bien, vous ne suivez pas BBC Entertainment comme moi, mais s’il y a une justice à me rendre, c’est bien de constater que mes exemples sont décortiqués comme illustrations de mes propos et que, à peu de chose près, c’est comme si vous aviez suivi les épisodes en question). En tout cas, j’insistais sur la nécessité, pour qu’existe le tragique, de la disparité flagrante entre la notion de culpabilité et la notion de châtiment. Ainsi un patient récalcitrant qui veut à tout prix rentrer chez lui et donc se cache lorsque sonne l’alerte à incendie (si bien qu’il se trouve environné par les flammes avec sa femme, pauvre zombie trop docile qui n’a pas la sagesse d’empêcher cette évasion) pourrait bien trouver la mort sans que la notion de tragique intervienne : ils ont chacun à sa manière commis une faute, la punition est terrible mais juste. Mais tragique, oui, sera la mort de l’infirmière qui cherche à tout prix à les sauver, comme est tragique la mort du docteur dans l’incendie tandis que sa fille, adolescente en pétard contre la rigueur paternelle et qui a provoqué le départ de flammes (même si sa détresse et sa rancune sont de pathétiques notations), n’a que le châtiment de sa faute. On emploie trop souvent le mot tragique pour dire pathétique, consternant : il a trop de résonances pour qu’on ne lui rende pas toute sa force…

 

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