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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 08:19

         Point n’est besoin d’être ultra écolo, de sentiment ou de pratique, pour être bouleversé par la manière dont la terre sera défigurée sans remède possible par les extractions de gaz de schiste. Je comprends bien qu’avec les masses pléthoriques d’habitants sur notre malheureuse planète il faut des quantités astronomiques de toutes choses pour assurer, non seulement notre survie, mais bien essentiellement notre confort et notre épanouissement. Il nous faut notre viande, nos légumes, nos fruits, notre poisson et nos crustacés, nos œufs et nos volailles, notre pain et nos pâtisseries. Sans même qu’on ait une pensée ni un coup d’œil pour les damnés de la terre qui se satisfont d’un bol de riz par jour (et encore : ils ont de la chance, ceux-là, si on y regarde d’un peu près : combien d’humains meurent chaque jour le ventre vide ?), il nous faut de quoi faire cuire tout ça, et nous chauffer, et faire marcher nos voitures et nos trains… Je vous laisse compléter le tableau, c’est à la portée de tout le monde. Donc on cherche de nouveaux carburants, de nouveaux minerais, de nouveaux produits indispensables à notre civilisation sophistiquée. Donc on creuse pour avoir du pétrole, ou à la rigueur du gaz de schiste : c’est installer un univers de cauchemar sur les lieux à sonder. Comme de juste, ce sont les minables qui se collent au fond des trous ou qui descendent vers les poches de grisou ou assimilé, car les chefs des grandes compagnies (infiniment plus destructrices et cruelles et meurtrières que celles du temps de Villon qu’on vouait aux gémonies) qui brassent des milliards et des millions d’hectares ne viennent qu’à l’occasion superviser ou compter les morts. Et    elles sont soutenues avec bruit par les citoyens qui réclament le confort à tout prix. Et le cauchemar s’installe à jamais, boues puantes, déchets hideux, assassinat des oiseaux abeilles insectes papillons faune sauvage végétation, pourriture de l’eau, pollution de l’air, effondrement des sols…Nous laisserons un globe ravagé à nos descendants, en plus de nos dettes sans limites : est-ce que ce ne serait pas mieux de commencer à nous serrer la ceinture en pensant à eux ?

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