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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 08:14

         J’ai déjà à votre intention, mes belins-belines (et ce n’était pas un hapax : il n’y a qu’à prononcer le mot devant moi et je bondis) exprimé mon horreur pour la notion même de bonzaÏ. Cette idée de réprimer, de tailler dans le vif, d’empêcher les pousses naturelles, de déformer le tronc ou les branches pour imposer une boursouflure ligneuse à la place d’un rameau ou d’une tige qui symboliserait la poussée de vie, l’élan, la verdeur, oui, cette mutilation permanente et inflexible d’une végétation dont on bride la vigueur me rend malade. Presque comme tout ce que j’apprends de nouveau, toujours plus barbare, toujours plus cruel, sur les bêtes d’abattoir  dont le long martyre s’est banalisé puisqu’il faut chaque année des milliards d’animaux à abattre pour nourrir les nantis du globe : la souffrance végétale n’est pas la souffrance animale, je le sais bien, mais c’est ce principe de base qui me met mal à l ’aise. Et il ne peut être qu’attristant : chaque fois que j’en arrive à constater qu’une nouvelle chose, un nouveau geste, un nouvel effort, me sont interdits par mon âge, je pense à cette répression de la force vitale comme à un bonzaï pratiqué sur  l’individu. Ne plus courir, ne plus se baisser, ne plus s’étirer, ne plus s’agenouiller, ne plus entrer dans la baignoire de peur de ne plus pouvoir en sortir…Non seulement ne plus pouvoir le faire, mais même – encore plus désolant – ne plus penser qu’on puisse le faire… Bonzaï, bonzaï…

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