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15 janvier 2018 1 15 /01 /janvier /2018 11:49

         J'ai sous les yeux, collée à mon écran d'ordinateur, une carte postale d'Aspendos, le théâtre antique le mieux conservé qui soit de la région d'Antalya, en Turquie, là où abondent les vestiges de cette civilisation gréco-romaine à laquelle nous devons tant. Je ne connais pas Aspendos et je le regrette amèrement, comme je regrette de ne pas avoir admiré personnellement d'autres ruines célèbres - Palmyre, Balbek, deux ou trois autres encore : j'ai vu beaucoup de ces sites fascinants, je n'en ai pas assez vus, je voudrais tous les avoir vus. Aspendos (l'a-t-on entretenu avec piété? l'a-t-on restauré? je ne sais, mais le résultat est là: un théâtre antique de milliers de places intégralement offert à l'admiration). Non seulement la skènè, cet impressionnant mur de fond tenant lieu de décor immuable, garni de statues de taille humaine à touche-touche sur trois étages, semble (l'est-il vraiment?) absolument intact depuis les origines ,  mais encore les gradins - cinquante ou soixante rangées en demi-cercle - au lieu d'avoir comme la plupart du temps leur sommet arrêté dans le vide, connaissent ici un traitement inédit, certainement celui de tous les amphithéâtres de la Grèce avant leur dégradation,  à savoir, une paroi verticale garnie de statues    à touche-touche servant de mur d'appui pour un toit en terrasse, large comme une avenue avec des rebords garde-fous sur toute la circonférence - assez large pour inclure, sous les gradins,le monde obscur des vomitoria,  ce circuit  de couloirs à la fois complexe et rationnel par où les spectateurs  pouvaient déboucher sur leur place ou quitter le théâtre après le spectacle. Le mur d'enceinte fermant tout cet étage est à son tour orné de colonnes servant de contreforts... Je rêve chaque fois que j'y porte le regard.... Et que la carte m'ait été envoyée par un ancien étudiant, déjà en retraite depuis longtemps d'ailleurs, qui depuis l'agrég m'est resté fidèle au point de devenir un grand ami, m'émeut doucement, puisque c'est à partir de mon cours sur les origines du théâtre qu'il a pris à son tout la passion de ces sites extraordinaires et les a, lui, pratiquement tous visités...

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commentaires

P
je reviens parce qu'une autre carte postale qui se prête au rêve a été établie par un des amis-blogueurs (Olivier Hodasava, pour le nommer) : ici : <br /> http://dreamlands-virtual-tour.blogspot.fr/2018/01/la-patronne-de-locean-plaza-asbury-park.html<br /> avec mes compliments quand même.
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P
c'est amusant (et doux comme un songe) ce passage d'une génération à l'autre de l'envie (et la réalisation) de découvrir les lieux du méfait : de la même manière (mais pour le ciné, je préfère : mes excuses...), on a (parfois) le sentiment, découvrant à Ischia telle maison (Fritz Lang dans "Le mépris"), à Rome telle rue (Nani Moretti ou Roberto Rossellini), ailleurs tant et plus (le pont neuf pour ses amants, par contre-exemple puisqu'on a travaillé en décor reconstruit) d'être encore de plain pied avec eux... (c'est ainsi que la mémoire est une merveille)
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