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11 octobre 2018 4 11 /10 /octobre /2018 10:44

          Quand on se lève du troisième pied, tendance grognon, forme pas vraiment ce qu'il faudrait qu'elle fût (oui : fût), on devrait tout de même garder assez de lucidité et de volonté pour éviter de s'apitoyer sur soi ou sur les autres. Sur soi, c'est évident : si l'on commence à s'examiner, on trouvera toujours, en vrai ou en imagination, quelque chose de désolant, de quoi se mettre à chanter en pleurant "J'ai la cuisse Qui s'dévisse, L'estomaque Qui s'détraque"... Suivent les longues litanies du délabrement de l'organisme avec divers points sensibles sur lesquels on a tendance à s'attarder en gémissant. Mais sur les autres aussi : rien n'est plus déprimant que d'évoquer dès le réveil, non pas comme un réflexe de défense mais comme une crainte de contamination possible, l'ami qui vient de mourir d'un cancer, l'amie qui semble foncer à tombeau ouvert entre les bras d'un Alzheimer caractérisé, ou cette voisine qui, à peine sortie de l'hôpital pour rapetassage d'un col de fémur brisé se casse l'autre fémur en tombant de sa baignoire. Personne ne gagne à évoquer les maux d'autrui : de toute façon on n'y peut rien, et il ne s'agirait pas de faire de ces évocations une raison de plus,  fort opportuniste; pour pratiquer la dolence et les plaintes sourdes toutrla journée. Un peu de fermeté, bou diou! Entre être complètement fermé aux malheurs dfu monde et s'abriter derrière la morosité des nouvelles de l'entourage pour se donner le droit au gémissement, je vous assure qu'il y a de la marge.

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