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1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 19:02

 

 

IL Y A SILENCE ET SILENCES

 

          Dans ma prime jeunesse, on lisait (production mondaine de qualité dont l'espèce a disparu avec Maurois mais surtout Francis de Croisset)  Les Silences du Colonel Bramble tout marqués par l'amitié franco-britannique qui avait suivi la Grande Guerre, surtout dans les rapports entre officiers, et l'humour anglais répandait ses bienfaits parmi les lecteurs. Ces silences intervenaient pesamment en société, mais ils connaissaient toujours une raison ou une conclusion réconfortante. On ne peut guère dire que les silences de M. Macron aient jovialement repris le flambeau, et nous avons beau y être habitués, cela n'enlève aucun poids à la chose. S'il y a une fonction dont est doté le chef d'une république,  c'est bien celle de commentateur des heurs et malheurs de la nation, participant à  l'affliction, consolant ou promettant des mesures d'intervention énergiques. La tactique de M. Macron , c'est bel et bien le silence, mais au moment où, pour une fois, on serait désireux de l'entendre. Les catastrophes, les coups du sort, les manifestations explosives (tout autant que les bourdes ou fautes graves de son gouvernement et de leurs membres) au lieu de susciter une réaction immédiate d'apaisement ou du moins une décision entraînant la confiance, s'accompagnent  d'un mutisme absolu, comme si on ne l'avait pas mis au courant de la situation ou qu'elle ne le concernât point. Son entourage comprend fort bien qu'il faudrait une parole d'en haut pour renseigner ou apaiser le peuple : avec maladresse il multiplie les discours, mobilise tous les ministres à la queue leu leu, promet la transparence (à laquelle le peuple sait qu'on n'arrivera jamais, cette transparence se trouvant automatiquement bloquée par les rapports secrets de police ou les analyses dont le gouvernement se charge avec autorité). Les jours passent, les ministres s'affolent, le peuple s'indigne, M. Macron se tait. Il attend longtemps que la situation s'éclaircisse ou s'aggrave : quand il s'exprime enfin, il va employer des termes nobles et creux, c'est ce qu'il appelle faire son devoir.

 

 

Quand le bâtiment va...

 

          La maison d'en face, dont l'extension traîne cahin-caha par équipes de deux ouvriers, jamais plus, depuis bientôt trois mois, continue de m'intriguer au sujet de l'allure qu'elle va prendre quand tout sera terminé. Non que je sois curieuse de ce qui motive mes voisins : j'apprends que certains sont partis des semaines après leur départ, et je n'ai même jamais su leur nom. Aussi bien toutes les maisons du quartier sont-elles disposées de manière à ne pas imposer des coups d'oeil indiscrets aux allées et venues des uns et des autres. D'ailleurs, la vision par la fenêtre dès que je quitte mon ordi m'offrait un petit pré attenant à la maison d'origine; et c'est sur ce petit pré que l'extension se bâtit : je vais donc bien être obligée d'avoir la nouvelle façade dans le collimateur dans un avenir proche. C'est la méthode de la construction qui me rend perplexe : j'avais imaginé, à partir des éléments visibles, que la symétrie de la bâtisse d'origine serait prolongée sur la façade de l'extension. Point du tout : ce qui semblait aller dans cette direction a disparu. Les panneaux de bois, lambrissés d'abord puis clos, ont été remplacés par un matériau noir encore protégé ici et là par des bâches. L'angle de la jonction des pentes des deux toits, dont le nouveau a été si bichonné et tripoté que j'avais même pensé un moment à une installation de panneaux solaires, reste bizarrement calculé comme le confluent des deux ruissellements de pluie, marqué qu'il est par une plaque de ciment entre les deux bâtiments dont l'utilité est peut-être de servir de toiture à la nouvelle montée d'escalier. Quant à l'ancienne maison, dont l'intérieur avait dès le départ été démoli, on la racle on la lime on la ponce, on lui a ôté tous ses cadres de fenêtres encore en place pendant longtemps, si bien qu'on peut voir distinctement les arbres du parc voisin à travers des ouvertures devenues géantes lorsqu'elles se trouvent dans le même axe.

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commentaires

F
toujours plaisir supérieur quand le regard se pose sur le proche ! l'essence de la vie au plus près...
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P
ou - en même temps (hein) il suffit (...) qu'un déséquilibré s'en prenne à ses collègues et que tout ce beau monde soit de la police pour qu'il se dépêche d'aller soutenir le moral des troupes (il faut dire que la préf est à un jet de pierre de l'Elysée mais enfin, pardonnez-moi, mais c'est juste honteux) : il l'ouvre en grand quand il est loin, cette stratégie de pleutre hein...
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D
Vos réactions devant la pleutrerie de notre Gouvernant 1er sont rigoureusement semblables aux miennes... Quel cauchemar d'avoir ça comme maître de nos destins!