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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 18:09

APPRECIATION DU BALLET

 

        L'autre jour - et toujours dans l'attente d'un autre programme, car je n'ai aucune sympathie pour le ballet en tant que genre - je me suis attelée au Lac des Cygnes. Je connaissais parfaitement la partition musicale,  mais je n'avais jamais vu les figures chorégraphiques qui depuis la création de l'oeuvre transportent les foules. Je me préparais au pire, et je crois bien que c'est ce qu'il m'a été donné de contempler. Un  fil narratif si indigent qu'il se perd de vue à chaque instant, et qu'on a cru bon d'étoffer par une série de danses folkloriques aux couleurs variées pour étayer l'oeuvre un peu plus longtemps. Un égrènement de tableaux dansés - en solo,  par deux, par trois , par des groupes de tutus clonés sur de longues pattes maigres - chaque "numéro" totalement indifférent à une quelconque cohésion d'ensemble venant faire sa petite exhibition à son tour, chacun pour soi  comme dans les concours de gymnastique. Des pas de deux intervenant à intervalles réguliers dans le déroulement soi-disant dramatique, si éternellement identiques,  si rigoureusement répétant la même gestuelle des bras, des jambes, du corps, de la tête, qu'on a l'impression que l'histoire (s'il y en a une) patine sur place. Le mieux me semble-t-il, et de loin, ce sont ces grands ensembles clonés d'une quinzaine ou d'une vingtaine d'éléments si magiquement multipliés, évoluant en bloc et paradoxalement démontrant la perfection de chaque ballerine : leurs interventions paraissent répondre au besoin de laisser souffler dans les coulisses les étoiles des pas de deux, mais à vrai dire ce sont bien ces chorégraphies-là que j'ai admirées, comme j'admire l'impeccable répétition des mouvements de marche, depuis la chaussure jusqu'au couvre-chef,  des diverses formations en uniformes pour le défilé du 14 juillet, ou,  encore plus grandioses, les mouvements d'une divine perfection réalisés par les foules coréennes ou chinoises lorsqu'il y a là-bas quelque cérémonie officielle à célébrer. On dira que je fais fi du romantisme, mais je ne suis pas sûre que dans un ballet le romantisme soit de bon aloi.

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