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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 10:05
On dirait vraiment, à en croire ce titre qui sonne presque comme le refrain de "La Marseillaise", qu'il s'agit pour moi d'une tâche à laquelle je m'attelle comme un manoeuvre de péniche s'installait autrefois sa bride de cuir sur le poitrail (je ne dis pas cela en riant : je l'ai vu quelques rares fois pratiquer sur les rives du canal du Centre, dans ma prime jeunesse, et ces images de la détresse humaine me sont restées gravées dans la mémoire indélébilement; nos bateliers de la  Volga nous les avons eus aussi, nous, pas la peine de prendre des grands airs pour condamner chez les autres le recours impavide à l'esclavage). C'est que je me sens désormais prête à attaquer le courant de ma besogne de bloggeuse, càd parler aux foules, et leur parler de telle manière qu'elles ne puissent qu'attendre avec  ferveur et impatience le lendemain pour pouvoir continuer le feuilleton. Vous voyez donc ce que je me suis mis sur le dos.
 A bâtons rompus, selon le principe proposé hier (et que, si mes comptes sont exacts, personne n'a encore contesté : qui ne dit mot consent), je vous parlerai de moi, et quand je vous parlerai de mes personnages ce sera encore de moi, et quand je vous parlerai de mes livres ce sera encore de moi. Cela, c'est aussi un principe que j'ai proposé d'entrée - un principe commun à tous les bloggeurs si j'ai bien compris la fonction de ce truc,  et qui a ses chances d'exister à partir de la curiosité du reste du monde. Quiand j'ai commencé à écrire "Les Noeuds d'Argile", mon premier roman, je ne savais pas du tout ce que je faisais. J'avais déjà derrière moi un passé de publications nombreuses, mais strictement universitaires, concernant Marivaux, le théâtre, le roman, le XVIIIème siècle, la littérature comparée, y compris deux grosses thèses (c'était ce qu'on devait avoir pondu à l'époque - avant 68... - pour se risquer à demander le titre de Docteur. Mais c'est à ces publications-là que tout à coup je me suis mise à tourner le dos. Un beau jour, comme ça. M'arrêter de cogiter sur les relations littéraires ou dramatiques du XVIIIème, sur les sources - que j'ai toujours été passionnée de découvrir : il y faut de l'instinct, du flair, de la finesse, de la culture, c'est aussi passionnant qu'un roman policier - eh bien oui, à tout cela j'ai tourné le dos. Sûre qu'au fond cela n'intéressait plus personne , étudiants ou collègues, de lire ce que vous aviez vous-même découvert ou pondu. Avant de casser ma pipe, je voulais encore dire et faire quelque chose. Trouver une formule qui, elle, intéresserait tout le monde, par le coeur peut-être d'abord. Un soir j'ai commencé à écrire dans un état second, plusieurs heures prises sur la nuit sans décrocher. Le matin c'étaient 25 pages d'un roman - je n'en avais encore jamais écrit - et ces 25 pasges-là je savais que j'allais les défendre jusqu'à la garde. La suite à demain, promis! N'oubliez pas de saluer votre chat!  
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