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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 11:52

Nous y voilà. On en entame une nouvelle.   Je ne me sens pas plus vieille pour autant, exactement comme un jour d'anniversaire où les copains vous disent qu'une de plus vient de vous tomber sur le râble. La chose se fait sans douleur quand on est en bonne santé, et pour ce qui touche au changement d'année c'est pareil : on meurt, on souffre, on agonise à tour de bras autour de vous, les proches les lointains -  ah! ces lointains  qu'on étouffe, qu'on martyrise, qu'on affame, qu'on désespère, dans l'indifférence absolue du monde (dans le cynisme le plus éhonté : est-ce à force de recevoir des lettres d'injure que Kouchner avoue que les droits de l'homme sont impossibles à faire respecter? Quand on voit, quand on sait comme il se conduit au sein de l'Europe au sujet du Proche-Orient,on peut se demander s'il ne guettait pas depuis longtemps cette position de décideur qui lui permet de traiter de haut un conflit empoisonné en accusant les victimes) - oui, de Guantanamo à Gaza il y en a des gens qui souffrent et qui meurent, et je ne fais pas le tour du monde qui devrait s'imposer ici. Alors que peut bien signifier un changement d'éphéméride pour toutes ces   souffrances si on ne peut garantir qu'elles vont se terminer parce que tout le monde va s'y mettre? Jamais comme en ce jour de suture entre deux années où le mal triomphe insolemment - a triomphé, va triompher - je n'ai si fort pris conscience d'être privilégiée comme je le suis. Le reconnaître ne se fait pas sans un peu de honte, oui pourquoi moi? Je n'ai rien fait pour bénéficier d'un traitement de faveur, celui dont on hérite simplement d'être né dans un pays riche à climat tempéré où les remous politiques ne s'effectuent pas sous les bombes. J'en bénéficie, un point c'est tout. Period, comme disent les Anglo-saxons.

J'ai pourtant souhaité la bonne année à mes chats, séparément, avec une tendresse également répartie. Même pour le gros Nounours, qui après des années d'errance ponctuées d'agapes nocturnes chez moi a adopté une chaise et un coussin à la cuisine et m'y accueille le matin en m'offrant son ventre à caresser. J'ai  même une pensée pour le petit Domino (blanc avec trois taches rondes grises sur le flanc droit) qui est parti faire ses chasses, comme on dit, la veille du jour où on devait le castrer et le tatouer, si bien que je n'ai aucun moyen de le retrouver sauf s'il revient chez lui plein de morsures et d'abcès. Mes souhaits de bonne année sont dénués d'égoïsme, car je lui souhaite le bonheur même s'il le trouve ailleurs que chez moi... Bon, nous sommes dans les chats de grand matin (il est midi passé), c'est donc grand temps que je vous  invite à saluer les vôtres. Demain sera un autre jour, dit-on en Allemagne : parfait, on ne s'occupera pas du numéro de l'année, on reprendra le boulot comme si de rien n'était et on tâchera d'avancer pour de bon.

                                                                                              Lucette Desvignes

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