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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 08:41

Sérieux, sérieux.... Faut le dire vite! Je ne sais pas par quel bout empoigner la chose, à dire vrai. Les retours en arrière vont certainement être utiles (utiles à qui? utiles à quoi? tant pis! mieux vaut ne pas se poser ces questions, sans ça tout s'arrête et je serai sans doute la seule à être déçue). J'essaie en vain, tous ces jours, de faire progresser les deux nouvelles que j'ai en train. Deux? pourquoi deux? et en même temps? me direz-vous. Eh bien oui, je travaille souvent sur deux choses à la fois (rappelez vous Napoléon dictant plusieurs lettres à plusieurs scribes : vous voyez bien que ça peut se faire). Quand l'inspiration vous manque pour l'une, il y a des chances pour qu'elle se présente au niveau de l'autre - mais pour l'instant bernique! Je n'y arrive pas. Les N aufragés restent en plan comme dans The Rime of the Ancient Mariner, De l'eau, de l'eau partout et pas une goutte à boire... et La Thébaïde, contrariée par trop d'incidents d'ordinateur, reste engluée dans son démarrage qui était cependant prometteur. Je vais attendre encore un peu, et si le démarrage ne s'effectue pas, pour l'une ou pour l'autre, je mettrai provisoirement de côté cette supervision éreintante des traductions pour l'Amérique; j'y passe trop de temps, j'y laisse trop de ma substance. Mais (est-ce mon tempérament qui me pousse à me croire irremplaçable, le travail bien fait seulement par mes soins?) je n'ai pas l'impression que ce supercontrôle soit inutile, bien au contraire.

Je viens de terminer la préface qu'on m'a demandé d'écrire pour le recueil qui a remporté le Prix de poésie de la ville de Dijon. Exercice délicat, dangereux peut-être - mais le seul qui puisse permettre une plongée profonde dans l'univers poétique récompensé. J'ai eu de la chance : cet univers-là, cette année, méritait vraiment de l'être. Qu'aurais-je dû faire si on m'avait remis un manuscrit sans grâce ni inspiration dont il eût fallu chanter les louanges? La seule pensée me fait frissonner.

J'ai commencé à parler des personnages, à propos des travaux préliminaires de l'écriture d'une saga. Je crois qu'il est néfaste - ce le serait en tout cas pour moi - d'envisager un personnage de hue à dià, à plat, montrant son itinéraire sentimental ou psychologique de A à Z, en sachant jusqu'où on voudrait l'emmener. Ce dirigisme ne peut qu'être mutilant. Le personnage se développera à plat, parce qu'on aura tiré ses ficelles dans telle ou telle direction, il restera poupée de carton, conçu par un cerveau et non se développant dans ses propres palpitations. Il ne s'imposera pas au lecteur comme une entité vivante et c'est pourtant la seule chose à viser. Regardez un chat : vous ne le modelez pas du dehors, il se développe indépendamment de vous, c'est vous qui le regardez vivre, ce n'est  pas vous qui lui imposez votre rythme de respiration. Prenez le chat comme source de méditation sur ce point - et, donc, n'oubliez pas de le saluer avec reconnaissance. A demain.

                                                                                                          Lucette Desvignes

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commentaires

G
Chère Lucette, je suis comme vous, bien en peine avec ce moyen de correspondre !<br /> mais enfin me voici dans le saint des saints. Bravo. Je vais faire mon possible pour suivre votre journal. Bises
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F
Lucette, je pense que ton blog atteint sa vitesse de croisière : diversité et matière...<br /> As-tu des retours des U.S.A. à propos de <br /> sa consultation outre-Atlantique ?<br /> F.E.D.
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