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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 11:13

Un commentaire encourageant parlant de vitesse de croisière atteinte, de matière... Je suis boostée par ce jugement, il fait écho à un tout premier commentaire et je suis bien déterminée à satisfaire ce connaisseur. C'est vrai (je poursuis ici l'entretien sur les personnages) que les personnages ne doivent pas être seulement des créatures (créations?) de l'esprit. Je viens de lire un ouvrage où précisément c'est cela qui me frappe : même avec une quantité de dialogues, de détails quotidiens (repas, déplacements, travaux du jour etc.), de commentaires sur les mouvements intérieurs des pensées et, si l'on veut, des sentiments, les personnages ne vivent pas, ils sont construits comme des marionnettes, et cela même si l'auteur n'a pas la moindre envie d'en faire "ses choses" : l'écueil n'a pu être évité. Toutes proportions gardées, cela me rappelle le théâtre des trente dernières années du XIXème siècle français, où les personnages scéniques avaient le malheur (et d'abord le tort) de correspondre à une position sociale ou philosophique dont ils portaient au cou l'étiquette, à tel point qu'on le nommait "théâtre d'idées", ce théâtre pratiquement oublié. Oublié, oui, sauf des spécialistes, parce que justement les idées ne peuvent pas s'incarner   en des personnages vivants si on ne laisse pas à ces derniers la liberté de vivre leur vie. Je sais bien qu'on peut hausser les épaules dès que j'aborde cette liberté des créatures romanesques; croyez-moi cependant, les vrais personnages vous échappent, ils   peuvent vous entraîner dans une direction tout autre que celle que vous aviez prévue pour leur destin. 

De toute manière, le personnage doit être entouré de tous les éléments de son biotope. Epoque, localisation, disposition d'humeur ou de tempérament,  saison éventuellement,  situation affective au coeur de sa cellule (en général la famille, source de contrastes, de conflits, de richesses sans limite) : tous ces éléments ne doivent pas être énumérés ou présentés, ils doivent être absorbés par le personnage, ils sont inclus en lui ... C'est là le hic, direz-vous de nouveau : vous aurez raison, c'est cela qu'il faut réussir, et malheureusement je ne peux guère vous donner de recette.Peut-être quand même en insérant dans le  portrait des traits, des gestes, des habitudes glanées autour de vous voire sur vous - un peu, si vous voulez, ce que faisait Molière pour décrire son Harpagon, et on ne peut pas dire qu'il ne tienne pas debout, son Harpagon. Mais là encore, ça doit venir de vous, en force, presque comme d'un jet. Vous avez dû le voir et l'entendre, le sentir en vous se démener avant de le laisser sortir, sans vous contenter de lui faire dire des choses et de lui faire commettre des gestes  ou   des actes.
J'en reparlerai encore, du personnage,  vous l'imaginez bien. C'est l'heure des saluts au chat, n'y manquez pas, surtout si y a personne chez vous.   

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