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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 10:35
J'aime cette allure de l'andante. En allant... en quelque sorte adagio, à l'aise - pas si éloignés l'un de l'autre. Cela voudrait dire en tout cas que les préliminaires sont loin derrière moi, que je suis lancée sur mon erre, que je vais pouvoir contacter les foules d'un bon pas (vous voyez que j'use de métaphores affriolantes mais pas forcément réalisables pour l'esprit). Cela dépendra surtout de l'inspiration. Et encore vous avez de la chance avec ce numéro-là : en cours de matinée je suis encore fraîche et dispose, mais le soir l'inspiration qui reste dans le flacon je me la garde pour moi, je ne vous en fais pas part, c'est mon pourboire.
Nous parlions du rapport de l'individu, c'est-à-dire du personnage, avec son contexte climatique ou saisonnier. Ce n'est pas évident de l'installer emmêlé dans ce contexte. Il est beaucoup plus facile de décrire son contexte et puis de l'y installer. C'est ce qui se faisait, c'est ce qui se fait encore au niveau très élémentaire de l'écriture - cela supprime toute complexité. Rappelez-vous ces jeux sages d'enfants d'autrefois privés des Terminators ou Goldoraks ou Superman de notre époque (je retarde sans doute beaucoup dans mon énumération : il faut dire que me renseigner sur les dernières modes en ce domaine est vraiment le cadet de mes soucis). On prenait une boîte à chaussures, on la tapissait comme une pièce dont on aurait ouvert une largeur pour permettre l'intrusion du regard, on faisait des petits meubles en carton, on les disposait dans la pièce, enfin on y plantait un personnage, piqué debout au milieu de son domaine. Certes il était là et le contexte était censé l'entourer puisqu'il avait été préparé pour lui avec tant de sollicitude. Pourtant on n'avait qu'une juxtaposition d'éléments. Je n'aime pas retrouver cette impression en lisant un livre. J'aime la complexité, les arrière-plans opulents, les résonances en profondeur. Mais ce n'est pas la règle générale. Je retiens un petit sourire lorsque des confrères m'annoncent qu'on les traduit (ou qu'on les a traduits, ou qu'on va les traduire) en une quinzaine de langues. Parbleu! Leurs phrases comportent un sujet, un verbe, un  complément... Pas de place pour l'hésitation du traducteur qui ne retrouve pas dans sa langue 2 toutes les suggestions, tous les sous-entendus, toutes les significations possibles d'une écriture qui fuit le minimalisme ou la médiocrité (n'est-ce pas tout un?). J'aurai bien des occasions de vous parler de la traduction et de ses problèmes. Pour l'instant je vois que se rapproche l'heure d'aller saluer les chats. N'y manquez pas! A demain.
                                                                                         Lucette Desvignes
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