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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 09:59
Et aussi dans mes textes, oui, c'est tout plein de bestioles. Non seulement les chats et les chiens, mais également des insectes. Je ne parle pas simplement des contes de Noël, qui par définition (et rarement mettant en scène le père Noël de la tradition) sont remplis de chiens et de chats auxquels ils donnent la part belle (et avec des chevaux aussi, des bêtes de zoo ou de ménagerie - toujours pour les plaindre, naturellement - et même une fois avec des ratons-laveurs), mais des autres textes, romans ou nouvelles, où les bêtes (puisqu'on les appelle comme ça : on n'est pas obligé de mettre dans l'intonation une nuance de mépris, on peut même au contraire y mettre tout le lait de la tendresse humaine, comme disait le grand William autrefois) sont présentes, en compagnes fidèles voire comme centres d'intérêt. Ainsi à  côté de Pépère, le compagnon de Marrain si plein d'intuition, à côté de Tambour le vieux chien de l'auberge d'Antoinette, à côté du Gris ou de Cadet, les petits bidets si pleins d'entrain sur les routes de la Bresse ou du Clunysois, à côté de ce vieux chat mité que Jeanne serre avec emportement sur son coeur quand on lui dit qu'il est plein de puces, il y a Fusil et sa manière à lui de détecter les vampires, il y a la scolopendre -  la bestiole à laquelle il ne faut pas d'eau, à ne pas confondre avec la fougère qu'il faut arroser d'abondance...Il y a la chienne de Pompéi, la pathétique moribonde à laquelle personne ne prête la moindre attention alors que tous les touristes s'apitoyent et mouillent leur larme sur la chienne de plâtre du musée du volcan. Il y a le chat blanc, il y a le chat triste, il y a la chatte anonyme...Y en a-t-il, y en a-t-il, chantonnerait Pinget de nouveau. Permettez que Pinget se mêle à mes récapitulations certainement incomplètes. C'est que je suis plongée dans la révision des traductions en anglais qui vont constituer le troisième volume de l'édition américaine des contes et nouvelles dont le cinquième tome doit voir le jour fin décembre : alors, imaginez un peu, des animaux, j'en vois de toutes les couleurs, puisque ledit volume sera intitulé "Talking with the Animals", d'après une chanson à succès... Et mes "Petites Histoires naturelles" où un soupçon d'ironie à la Jules Renard assaisonne chacun de mes minuscules poèmes grouillent de bestioles de tout poil, même celles sans poil, les grenouilles, les moustiques, les dityques, les bourdons, les fourmis, les coccinelles, la couleuvre, le merle, la loutre... (pardon! emportée par mon élan, voilà que je dépouillais déjà la loutre de sa fourrure, comme s'en rendent coupables les dames de la bourgeoisie). J'en mettrais bien volontiers d'autres, mais ce trou d'eau au fond de mon jardin n'est pas si grand que ça : voyez-le dans le détail, vous verrez ses limites, et si je parle de bébés porcs-épics c'est uniquement parce que je pense à eux quand je vois mes bébés hérissons, n'allez pas croire que mon trou d'eau ressemble à un marigot, non il est tout ce qu'il y a de bourguignon. Je ne suis pas allée au pays des baobabs ou des arbres bouteilles, mais je crois que j'entrerais en agonie si je ne voyais plus par ma fenêtre, tout en pianotant sur mon clavier, de l'herbe, des arbres, des arbres, des arbres. C'est pourquoi les forêts canadiennes me parlent, elles sont si pleines de fraîcheur, de verdure, de solitude. La Baxter wilderness, par exemple, dans le Maine je crois, est le lieu de la sylve primitive où vous comprenez que les Indiens puissent y révérer le Grand Manitou : c'est bien là le seul endroit que je connaisse où l'on sente le Grand Esprit se mouvoir au-dessus de la forêt  tout juste créée.
   Eh bien, mes belins-belines, si je me mets à devenir métaphysique, où allons-nous, mais où allons-nous? Vous, au fond, je ne sais pas. Mais moi je dois viser le rectangle jaune-orangé qui veut dire "Imprimer l'article", et avant, bien entendu, je vous salue et vous dis A demain. Les chats, les chats...surtout ne les oubliez pas.                                                   Lucette Desvignes.
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