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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 14:42
J'ai encore dans l'oreille le ton de Desproges - calme, désabusé,  meurtrier - lorsqu'il disait  "Marguerite Duras n'a pas écrit que des conneries; elle en a aussi fait des films" . J'aimerais pouvoir le prendre - ou quelque chose d'approchant - pour dire à propos de la télé que de temps à autre, quand la lune s'est renouvelée au beau ou que les coquecigrues reviennent dans leurs nids,  on peut y apprendre des trucs. Ainsi moi (et c'est parce que je suis toute fière de ces découvertes que je fais de la pub pour la télé) ainsi moi j'ai vu, de mes yeux vu, et entendu, de mes oreilles entendu, que le commerce des montres haut de gamme n'avait pas souffert de la crise le moins du monde, bien au contraire. J'aurais pensé qu'avec la quantité de montres de tout poil et toute couleur qui se trouve distribuée à chaque achat sur catalogue l'horlogerie au contraire avait eu toute chance d'en prendre un coup. Mais, mes belins-belines, c'est tout simplement qu'on ne parle pas des mêmes articles, vu qu'on n'est pas tous du même monde. Moi je me contente (et je dois même dire que le plus souvent j'en suis heureuse comme tout, un vrai pou sur une vieille cravate) de ce que l'un ou l'autre de mes catalogues m'offre  en "cadeau gratuit" (nouvelle parenthèse : depuis les cadeaux bonux on a admis le renforcement sans peur du pléonasme, ces  cadeaux- là sont gratuits, puisqu'on vous le dit, c'est pas comme les autres). Une montre avec sa pile "fournie" , vous n'avez qu'à décoller le plastique qui recouvre le verre - protection, protection - et libérer le remontoir pour mettre l'heure exacte à votre cadran. Tic tic tic, ça se met en marche, vous en avez pour quinze mois (en théorie ce serait dix-huit mois côté pile, mais le bracelet de la montre rend l'âme avant elle). Parfait : quinze mois ça me convient, tous les quinze mois j'exhibe une montre neuve, j'en ai toujours une en réserve qui attend son heure et cependant j'en ai déjà donné généreusement. C'est vous dire que je n'ai pas de bijoutier attitré, ne me demandez pas les noms des célébrités dans le genre. Eh bien j'en ai vu, j'en ai vu sur les étranges lucarnes... A en rester éberlué pour un bon bout de temps. Je dois dire d'ailleurs que ça n'était pas vraiment les montres qui me fascinaient : moi je m'emberlificoterais plutôt au milieu de tous ces cadrans, pour l'heure pour la date pour la température ambiante pour les prévisions météorologiques, probablement pour tout un tas d'autres choses encore que je n'ai pas suivies ou comprises. Mais ce sont les prix, mes belins-belines! Les prix que j'ai entendus! Des prix pour des cadeaux qui ne pouvaient être offerts à leurs mousmés que par des parachutés en platine, en revenant du verre de l'amitié qui saluait leur départ à la retraite avec du biscuit plein les poches (j'espère au moins que pour cette émouvante fête de famille les ouvriers ne s'étaient pas cotisés pour ajouter leur petit quelque chose au présent destiné au patron démissionné ou démissionnaire, histoire de lui témoigner leur reconnaissance pour les services rendus en haut de l'échelle et avant de recevoir leur feuille de licenciement en bonne et due forme).Je croyais mal entendre, eh! bien non. Le pire (oh oui, autorisez-moi à dire le pire) c'était quelque chose comme deux millions d'euros, rien d'étonnant à ce que le vendeur ait refermé sa vitirne à double tour après l'avoir montré aux téléspectateurs. Quand je vous le disais, qu'à la télé des fois y a quelque chose à ne pas louper. Allez, à demain, bonsoir à tous, bonsoir aux chats.
                                                                                                    Lucette Desvignes
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