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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 11:05
     Je ne sais si vous connaissez cette impression pénible d'écartèlement entre deux sollicitations. Entre deux devoirs peut-être - vous vous sentez tiré à hue et à dià, ici vous lever pour donner à manger aux chats qui feulent et tortillent du croupion et viennent voir dans votre chambre ce qui se passe ce matin (c'est un devoir envers eux), là vous prélasser parce que c'est dimanche, que personne ne viendra vous voir de toute la journée, donc que vous êtes totalement libre de traîner en robe de chambre si le coeur vous en dit (c'est un devoir envers vous-même). Il peut aussi, je vous le concède, se produire des instances plus tragiques : par exemple, avoir à choisir entre les obsèques de votre voisin sur place (finalement il vous était bien indifférent) et celles d'un vieil ami (mais on l'enterre au fin fond de la Creuse et vous êtes sans voiture). Ou encore, et c'est plus réjouissant seulement en théorie, écartelé entre deux mariages : le même samedi, le fils d'amis au début de l'après-midi au nord de Dijon, et dans le Beaujolais le fils d'amis en fin d'après-midi. Si vous réussissez à tout faire (et j'imagine que vous vous appliquerez davantage pour faire les deux mariages plutôt qu'assister aux deux enterrements), bravo! Se retrouver entier, oui je dis bien l'étirement terminé, les deux morceaux recollés, la conscience satisfaite, c'est alors une jouissance mémorable. J'ai connu, avec consternation, le cas d'un ami très cher dont la fille se mariait dans l'Utah le jour même où se mariait le fils de sa nouvelle femme au nord de l'Ohio - pas question de recourir à l'avion, il avait fallu trancher, et cette fois-ci la décision avait été cruelle à prendre.
     Ce dont je vais vous entretenir est certes moins chagrinant, mais tout de même. Je suis écartelée entre deux '(j'élague pour faire bref, mais en vérité c'est un écartèlement à la roue, chaque membre tiré par un  cheval, donc quatre membres, quatre chevaux, écartèlement deux fois plus important) entre deux, dis-je pour faire bref, tâches aussi urgentes l'une que l'autre. D'un côté cette supervision des textes traduits pour la publication en anglais chez Mellen, avec méthode différente de contact pour chaque traducteur : livraison en vrac brut de décoffrage ou travail léché assorti de questions relevant de la syntaxe ou de l'arrière-plan culturel (vous sauriez traduire Ouf Merci Aspro! au débotté, vous?) . De l'autre cette nouvelle qui veut voir le jour, qui me harcèle comme un furoncle en formation dans un endroit sensible, qui s'impose à moi en traits fulgurants (on doit bien dire "en éclairs fulgurants" à la télé, j'en fais le pari), qui vient par la traverse à chaque instant alors que je suis plongée dans d'autres vieux textes - ce qu'on traduit de moi ce sont des textes publiés   en France depuis longtemps - et qui me bouscule sans ménagement. Je n'ose pas vous en parler dans le détail, d'autant que je ne sais pas encore vraiment où la future va m'emmener. Mais vous seriez étonnés de voir comme mes gugusses (sont-ils déjà des personnages? peut-être bien que oui, finalement) se meuvent dans leur biotope (coucou! le revoilà!) avec des adhérences perceptibles non seulement à l'oeil mais surtout au toucher.Je vous en dirai plus dès demaiin  si vous m'êtes fidèles, Caressez les minous, vérifiez la fermeture de vos portes, bonne nuit.
                                                                                                         Lucette Desvignes
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