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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 11:21
Vous remarquerez la nuance d'intensité entre le titre d'hier et celui d'aujourd'hui : "Encore," certes, dans les deux : à interpréter ad libitum (autrement dit, à volonté -  pour ceux qui ne possèdent ni pages roses ni NPLI, Nouveau Petit Larousse Illustré) soit sur un ton tout gonflé de suffisance ("vous voyez ça! j'en ai encore, des choses à dire là-dessus!"), soit vaguement agacé ("On n'en finira donc jamais!") en théorie le premier ton se rapportant à moi, le deuxième vous convenant davantage mes belins-belines, qui devez vous impatienter de me voir jamais (quand donc? mais quand donc?) en finir avec le personnage. D'autant que, ce personnage mâle ou femelle, je vous ai pratiquement interdit de l'imaginer de teint, de taille, de cheveux, de regard, d'allure etc. dès son arrivée dans un roman., et je vous concède que certains d'entre vous doivent être fort marris de ne pouvoir se raccrocher à de pareils adjuvants pour leurs imaginations déficientes ( allons, franchement, qu'avez-vous besoin dès l'abord de savoir à quoi ressemble un personnage ou un autre? Laissez-lui le temps de s'imposer, bon sang! de s'habituer à vous et vous à lui de manière à envisager un,parcours de quelques centaines de pages de conserve; petit à petit vous découvrirez la couleur de ses yeux à un moment où l'autre le regardera en face, ou vous verrez la beauté de ses dents - ou, pourquoi non, la laideur de ses chicots -  à un moment où l'autre le verra rire :  est-ce que ça n'est pas mieux comme ça?). Dites-moi donc vite si vous n'en êtes pas d'accord : le sachant je m'abstiendrai de faire allusion à cette lenteur réfléchie de la découverte du physique qui me paraît si logique, allant de soi. Mais je sais aussi comme c'est difficile de lutter contre des habitudes bonnes ou mauvaises prises dès le jeune âge : si on vous a dit que c'était bien de savoir dès l'abord à qui vous aviez à faire (un grand gaillard brun, un avorton rouquin, une boiteuse qui louche etc etc.), alors vous aurez du mal, malgré une bonne volonté dont je ne doute pas puisque vous faites partie du nombre restreint de mes belins-belines fidèles, à vous passer du portrait qu'on vous a toujours présenté comme un article de foi des auteurs pour vous aider à vous représenter un individu qui entre dans votre circuit culturel. Je vous signale au passage que je n'écris pas "ou individue" parce que je suis irrécupérablement hostile à la féminisation des noms du genre commun (voir plus haut), mais je ne doute pas que quelque jour proche on ne lui accroche tendrement un e à la queue, à ce mot qui ne demandait rien à personne. J'espère bien ne plus être là pour voir ça, j'en ai déjà vu suffisamment, merci, j'ai déjà donné. A propos de cette merveilleuse formule "qui ne demandait rien à personne", cela me rappelle une petite histoire (vraie) d'un gars de Nanton près de Saint-Gengoux (vous voyez, ça n'est pas la Provence) qui montrait partout ses paluches toutes meurtries et griffées et piétinées :" il  sortait de son cellier sans rien demander à personne, et ces cons-là lui avaient marché sur les mains en passant". Je pense que, du côté de la victime comme du côté des passants, il avait dû y avoit pas mal de vent soufflant dans les voiles ce matin-là. J'ai d'ailleurs dans mes bagages le portrait sonore d'un ouvrier potier qui demandait dix sous tous les samedis soirs à la patronne de la poterie ("Dix sous! Mais qu'est-ce que tu veux donc en faire? Tiens, les voilà, et tâche de les rapporter!") et qui, les dix sous dépensés au cabaret, régalait la patronne, en rentrant aux petites heures,  de l'exécution retentissante et avinée du Temps des Cerises. Au passage, je me demande ce que cela ajouterait au personnage si on précisait qu'il avait une barbe grise ou qu'il avait les yeux bleus J'aimerais savoir ce qu'honnêtement vous en pensez.Mais voilà encore une de ces choses où vous me laisserez sur ma faim. Comment voulez-vous que je tienne compte de vos desiderata si vous refusez de m'en faire part? Allons, je vois bien que je vais encore ce soir faire le poing dans ma poche en vous quittant. Cela m'attriste, mais surtout que les minets n'en souffrent pas! A demain.
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