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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 09:12
Deuxième tome, oui, pourquoi pas? Quand on a trouvé - fût-ce chez Charles d'Orléans - un joli titre, on peut le rééditer. Attendez-vous donc à des récidives, elles ne sont pas dangereuses autant que celles des violeurs libérés trop tôt. Donc hier brouillard. Aujourd'hui neige, si vous le voulez bien, et même si dehors il fait un soleil éclatant. La neige, avant, pendant et après : les couleurs, les contours proches ou lointains, les nuances de gris de bleu de mauve d'orangé, les façons de faire des flocons (papillonnants, cinglants, mollassons à courtiser la mort lente, cristallisés de glace, se laissant glisser jusqu'à terre en ralenti élaboré, tombant tout droit tout chargés de matière, s'écrasant sur les vitres avec un bruit de crachat,la neige, quoi). Et sa manière de s'insinuer elle aussi dans les manches - un autre type d'incursion glacée que celle du brouillard, il faut avoir connu les deux pour pouvoir comparer . Et puis au-delà des impressions sensorielles  - les yeux, les oreilles (le bruit de la neige, l'avez-vous déjà entendu? moi oui),la peau - il faut aller jusqu'à la signification profonde. Rien de gratuit, le terme même de description me gêne, même si c'est à ce type d'exercice qu'on m'a entraînée dès que j'ai su tenir une plume sans trop griffer le papier. La scène à faire, je vous ai déjà dit tout le mal que j'en pense; ces automatismes, ces choses auxquelles on s'attend, il n'y a rien de plus vide , de plus déplaisant, de plus trompeur. La climatologie ne devrait entrer dans le récit romanesque que si elle veut dire quelque chose. Avec la neige je vous en donne deux exemples - je pourrais en trouver d'autres. Ainsi d'abord Jeanne, surprise par une violente chute de neige dans la voiture de M. Barandelle alors que lui est allé devant aider le cheval à tirer, commence par examiner les chorégraphies diverses et contrariées des flocons qui s'enfilent jusque sous la capote du cabriolet, mais vite elle veut participer à l'effort de l'homme et de la bête, elle saute hors de la voiture au risque de tomber et se place de l'autre côté du cheval, tenant un bout de rêne,, préfigurant déjà l'effort de ce qui sera leur couple : ils ne se sont encore rien dit, mais ils partageront tout avec passion, les joies et les épreuves  - dans la neige déjà Jeanne enfonce jusqu'aux chevilles, trempe le bas de sa robe et de son manteau mais se réjouit de cette aventure pleine de sens, tandis que M.Barandelle rit sous les flocons et done à Jeanne l'impression qu'il va chanter. Autre exemple : dans "La Brise en Poupe", Mich qui dessine d'instinct sans avoir appris - et pour cause - se met soudain à l'aquarelle d'avoir observé les nuances de la neige qui entoure la cabane en rondins. Le gris le bleu l'argent le plomb le blanc éclatant vont révéler à son talent qui se cherche un enrichissement de ses techniques. C'est d'un oeil spécialement intéressé qu'il contemple les étendues de neige avant de les transposer fiévreusement sur son papier. D'ailleurs on peut déjà aller au-delà du domaine pictural pur;  cet instinct de dissocier la matière de son essence préfigure ce que seront par la suite ses amours avec Leni . Je prends ici le ton d'un speaker distingué qui rappelle le titre et le nom du compositeur juste après l'audition d'un morceau : "C'était la neige autour de Sweet Forelle, extrait de La Brise en Poupe". Ben oui, c'était ça mon deuxième exemple. Demain on s'attaque à la pluie, mettez les petites laines. A demain. Pour les chats tiédissez le lait du soir avant de leur souhaiter bonne nuit.
                                                                                                 Lucette DESVIGNES;
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