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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 13:27

Tant que nous serons dans la climatologie, le titre restera poétiquement dans la climatologie. J'avais mentionné l'ouragan qui avait ramené les quatre soeurs pantelantes chez elle, depuis l"'église où le prêtre avait dénoncé du doigt et de la parole cette portion de chair pornographique - entre manchette du gant et manche de veste au coude - qui traduisait dans ce petit village l'arrivée de la prostituée de Babylone.  Belle page intéressante réservée au vent soufflant en tempête mais sans pluie.On reprend la pluie aujourd'hui, et une pluie comme on n'en voit que rarement. C'est celle qui trempe les paroissiens attendant le corps de la pauvre Tante Julie ramenée de l'hôpital, ceux et celles (car il y a là les soeurs qui n'ont pas fait le déplacement, ni pour aller la voir à l'hôpital, ni pour suivre son enterrement    depuis son lit de mort jusqu'au cimetière de son village natal) qui trépignent parce que le cortège funèbre est en retard et que le curé s'énerve. Bien sûr qu'il est en retard, ce cortège! Le neveu, indigné d'avoir appris trop tard et la maladie et la mort de Tante Julie, s'est arrangé pour précéder le fourgon mortuaire et lui impose la vitesse de l'opération escargot. Quand le cercueil de Tante Julie sera enfin porté dans l'église, tous les assistants au service auront été rincés  sous les eaux du ciel, qui ont enfin permis à Tante Julie de se faire attendre, elle qui a passé sa vie à attendre et servir les autres. Là encore, la pluie qui tombe à verse a une valeur dramatique, elle a une signification. D'ailleurs elle s'arrête dès que l'office des morts est terminé. Il ne s'agissait donc en aucun cas d'une scène à faire - comme chez les romanciers du XIXème la description d'un décor champêtre avant le déclaration d'amour . Donner à la pluie ou à la neige une raison d'être, c'est logique d'une part , d'autre part c'est intégrer intelligemment  le temps qu'il fait - et dont nous sommes finalement autant tributaires que du temps qui passe - au récit qui campe le personnage dans l'un de ses paliers essentiels de vie (ou de mort, bien entendu). Je pense encore à l'orage d'avant l'arrivée de Mich à Sweet Forelle, cet orage qui traduit que   la tempête va désormais souffler sur la famille jusqu'au démantèlement. Mich et Leni constatent tous les dégâts causés aux branches et aux feuilles lorsqu'elle fait visiter la propriété à ce jeune frère de Wollef, ils ne sont pas et n'ont pas été sous l'orage, mais ils peuvent l'évoquer à partir des débris laissés sur place et voir par-dessus cette dévastation qu'une sérénité, qu'une lumière, qu'un ensoleillement  sont possibles. Cela porte un beau nom, femme Narsès, cela s'appelle l'aurore, dirait Giraudoux.

     Bon. Je voudrais être sûre que vous ayez senti comment se mêlent les effets du temps aux destins, contrastes ou accompagnements, seconde voix ou basse continue. Mais le vrai moyen, mes belins-belines, serait de vous reporter aux textes. Grosse fatigue... Eh bien reposez-vous, ménagez-vous, on n'a qu'une santé, si vous avez du mal à suivre dès qu'on reprendra le biotope, ce sera à moi  d' aviser. Une seule chose d'ici là : soins aux chats , d'abord et avant tout. A demain.
                                                                                                                  Lucette DESVIGNES. 

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