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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 13:01
     Avec De ou Du en tête d'un titre, est-ce que ça ne fait pas classe? érudit? avec toutes ses humanités dans sa poche? J'y compte bien, en tout cas. Il me faudra sans doute un peu de cette aura gratuite pour tenir le coup, je n'ai pas entendu mon réveil ce matin (mais oui, même un dimanche, il sonne à son heure habituelle, qu'est-ce que vous croyez donc?) - on pourrait donc croire que je me sens prête à bouffer du lion, or c'est seulement qu'il y a eu rattrapage de sommeil depuis longtemps, quand vous payez vos impôts avec une taxe pour retard ça chiffre, forcément, donc ce sommeil a été si prolongé que j'en ai un peu honte, il a été bénéfique, merveilleusement bénéfique pour écarter les soucis pendant quelque temps, mais sans excès d'apport d'euphorie, donc je ne suis pas prête à bouffer du lion, mais tout de même je crois que je vais pouvoir tenir le coup avec vous ce matin, mes belins-belines. C'est que vous êtes lourds à traîner, savez-vous, comme on dit à Bruxelles, d'autant que je vous traîne dans le noir absolu : si je me retourne c'est sans doute dans les conditions d'Orphée et d'Eurydice, j'ai trop peur de vous perdre, vous les cinq ou six qui venez me voir de temps à autre, alors je vous traîne derrière moi sans avoir le courage de vérifier si vous êtes tous présents, je vous assure que j'aurais le coeur gros de devoir continuer pour trois pelés et deux tondus, j'aime tant les beaux cheveux bouclés (roux de préférence : essayez un peu de compter combien il y a de roux et de rousses dans mes histoires, vous en serez médusés)!
     Donc, le pronom. Ah c'est du sérieux, mais que voulez-vous! Vous avez souhaité vous dégager du biotope, puis du personnage, puis de la climatologie, ne vous étonnez donc pas si on retombe dans le classique, je dirais même le scolaire. Je suis sûre pourtant que j'ai encore des choses à vous apprendre sur le pronom - comme j'en avais, ne me dites pas le contraire, à propos des couleurs du blanc, le blanc-bleu, le blanc-jaune, le blanc-vert (si je vous faisais une interro de contrôle, là, juste là, en vous demandant les noms de ces couleurs? on verrait les appliqués et les fantaisites). Oui, je pense que je pourrai encore vous surprendre, peut-être même vous apprendre des choses. Je me rappelle Trahard, oui Pierre Trahard, qui a fait trembler des générations d'étudiantes en lettres rue Chabot-Charny, lequel disait dans son cours du soir où il parlait de ses héros, de son héros unique au fond - en laissant entendre à tout un amphi qu'il s'agissait de lui - qu'il mordait la terre des vignobles quand le prenaient des crises de désir. Il m'a au moins appris ça, dont d'ailleurs je n'ai jamais pu me servir, même à l'heure présente convenez-en, à défaut de bien d'autres choses que j'attendais sur le roman français du XVIIIème. Et quand je dis "appris ça", je ne veux pas seulement dire qu'on peut mordre la terre des vignobles quand on a des crises de désir, mais bien que le héros peut être désigné par "il"  sans complication, dès qu'on a en main la plume du romancier de bon aloi. Vous voyez que j'ai sans doute pris un détour pour arriver au thème d'aujourd'hui, mais que finalement nous nous y retrouvons tous (ceux que je traîne derrière moi, continuez à suivre s'il vous plaît, et surtout ne vous faites pas trop lourds, merci). Donc, le pronom, employé au lieu du nom. Employé longtemps sans autre précision, de manière sans doute agaçante pour le lecteur pressé de tout savoir avant d'avoir lu, mais de manière plutôt séduisante pour le lecteur qui souhaite que la lecture lui apporte quelque chose. Si dès le départ d'une histoire - brève ou longue, nouvelle ou roman, peu importe - vous êtes confronté à un "il" ou un "elle" indéfini, vous voyez bien que l'auteur n'est pas décidé à vous mâcher la besogne (il vous a déjà supprimé la couleur des yeux, la stature, bigre! il s'agit là d'une austérité peu commune, sûr et certain, mais permettez-moi de la revendiquer haut et fort). Il vous attend au tournant, il veut que vous le rencontriez à mi-chemin, qui c'est cet "il", qui c'est cette "elle" dont il vous parle dès la première ligne du premier paragraphe comme si vous deviez le connaître de toute éternité? En somme, il vous demande de prendre une part du travail, et ma foi je sais bien qu'il y a des lecteurs non disposés à le faire, ceux qui d'ailleurs ont remplacé la lecture par l'affalement sur le canapé devant la télé, seule dépense d'énergie à faire c'est d'appuyer sur un bouton, puis de laisser passer les heures, c'est tout de même autrement reposant que d'ouvrir un livre et de vous torturer l'esprit dès la première ligne du premier paragraphe avant de pouvoir savoir de qui il s'agit. Donc,vous  avez toutes les cartes en mains; demain on démarre dans les pronoms, je vous assure que c'est un vrai petit jeu, c'est moins bruyant que les jeux vidéo mais c'est plus classieux, vraiment. Ne manquez pas le début, demain première heure! Bonsoir, mamours aux chats!
                                                                                                         Lucette DESVIGNES;
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