Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 10:07
   Vous avez bien noté, j'espère, les trois points annoncés hier en terminant : la sexualisation du pronom, la mention du hors d'oeuvre, enfin celle des choses sérieuses. C'est là notre hiérarchisation du jour. Dans l'ordre : tordre le cou à cette histoire de rivalité dommageable entre le premier et le deuxième sexe, à cette détermination farouche à la parité (une vaste rigolade sur les listes électorales : pourquoi substituer à quelqu'un de compétent ou prétendu tel une bonne femme incompétente sous le seul prétexte qu'elle porte des jupes? - au passage, je souligne que mon critère de discrimination est franchement obsolète, tant pis - mais je prétends que brandir le droit de la femme à être mise en bonne place sur lesdites listes est stupide si le port théorique de la jupe ou du soutien-gorge ne se complète pas par d'éminentes capacités). Bref, cette campagne de nivellement par le haut qui dure depuis quelques décennies, et qui nous a donné de précieux barbarismes (docteure, professeure, écrivaine, auteure, tous en bonne voie d'assimilation par le public qui suit les modes en bêlant) porte indirectement sur l'usage du pronom : non par rapport à sa forme grammaticale (il et ils restent masculins, elle et elles restent attachées au sexe faible - dit faible, plutôt, ha!ha!), mais bien par  rapport à la spécificité de son utilisation. Il y a déjà longtemps qu'on a découvert avec ravissement que Marivaux faisant dans son roman découvrir Paris à sa Marianne cherchait à adopter la vision, psychologique ou réactionnelle, d'une jeune fille. Depuis on a parfois progressé  dans cette voie et c'est une bonne chose. Il a fallu (pour me citer en exemple, mais je ne suis pas toute seule à mériter cette mention) que soit publié mon troisième roman, "Le Grain du Chanvre ou l'Histoire de Jeanne", pour qu'on me trouve une écriture féminine, "Les Noeuds d'Argile" et "Clair de Nuit" donnant résolument des visions d'homme de mes histoires - je vous le dis comme on me l'a dit et redit, mais en buvant du lait parce que c'était ce que je voulais). Donc cette sexualisation de l'écriture existe, on en a déjà parlé abondamment depuis vingt ou trente ans. Qu'en est-il au niveau du pronom? Rien de fracassant apparemment, mais derrière un " il" ou un "elle"  un "elle" ou un "il" peuvent se cacher (c'est comme pour les trains qui s'entrecachent à la SNCF). J'ai donc bien fait de ne pas intituler mon chapitre "De la sexualisation du pronom". Je sais bien que j'aurais fait un tabac, des foules émoustillées se seraient portées sur mon blog, j'aurais enfin fait le plein des contacts. Mais c'eût été racoleur, convenez-en, même si c'eût été parfaitement dans le vent de la littérature contemporaine (et je ne vous parle pas du troisième sexe, j'en suis trop ignorante, mais il paraît qu'on en parle, qu'on en parle!). Je clos donc ce chapitre en vous disant que cet examen de la sexualisation du pronom n'était qu'une porte à fermer à peine entrouverte; nous aurons bien assez de cas d'espèce à observer, je vous les signalerai en temps utile.
     Premier point de notre entretien d'aujourd'hui réglé, donc. Mais c'est déjà le bout de mon espace ! A peine le temps de saluer les chats, demain je continue.
                                                                                          Lucette DESVIGNES                                
Partager cet article
Repost0

commentaires

G
Chère madame,<br /> <br /> En cherchant à vous contacter, je découvre avec bonheur votre blog et ses articles pleins de subtilité et d'humour ! <br /> Je serai brève, car ce message est plutôt personnel. Je voulais vous remercier de la magnifique préface que vous avez écrite pour mon recueil de poésie qui va recevoir samedi le prix de la Ville de Dijon et j'espère faire votre connaissance à cette occasion.<br /> Bien à vous
Répondre

Présentation

  • : Le blog de lucette desvignes
  • Contact

Recherche

Liens