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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 15:17

     ...venait ensuite le hors-d'oeuvre, par voie hiérarchique. C'était simplement, dans mon texte d'avant-hier, pour symboliser le peu d'importance à accorder au problème de la sexualisation du pronom (et pourtant vous voyez le temps qu'il a fallu, avec la meilleure volonté du monde,  pour     refermer cette porte à peine entrouverte). Je voulais juste souligner la difficulté de traduire "en hors-d'oeuvre", en donnant à ce "en", précisément, toute sa valeur. Oui, pas facile. Les antipasti, va bene : ils parlent d'eux-mêmes. Au Canada et aux USA, puisque le plat principal s'appelle "entrée", il faut le faire précéder d'une tournée au "salad bar", plus ou moins développé selon les restaurants mais souvent fort capable à lui tout seul de constituer un gros repas (on peut d'ailleurs opter, côté prix, pour un "salad bar" comme plat de résistance, on a même parfois le droit d'y revenir). Chez nous l'appellation est déjà métaphorique : de même que la "main d'oeuvre" c'est la main qui se charge du gros travail, alors que le "chef-d'oeuvre" c'est le top du travail, le "hors-d'oeuvre" se situe en-dehors de l'essentiel (et l'essentiel du travail, dans un restaurant, n'est-ce pas de travailler des mandibules?), il  se situe en quelque sorte comme une pièce rapportée. Bien entendu, nous qui raffinons sur l'art de la table, nous avons, avant les hors-d'oeuvre, les amuse-gueule, devenus bien souvent les amuse-bouche par pur souci de délicatesse puis, comme ça fait un peu cucul il faut bien le dire, de fil en aiguille on en arrive à la "mise en bouche", collective et vaguement éthérée, ce qui a tout de même plus de classe (vous voyez au passage ce que de fil en aiguille on peut arriver à dévider quand on prête quelque peu d'attention au langage et à ses hypostases). Donc le hors d'oeuvre français est bien typé, connu, apprécié. Mais qu'est-ce bien qu'un pronom dont la sexualisation à peine évoquée a été traitée "en hors-d'oeuvre"? (je vous sens tout perdus, mes belins-belines, je crois que je vous ai lâchés et au fond ça ne m'étonnerait ni de vous ni de moi, chacun dans son sillon il faut bien le dire). Je vais vous aider, c'est bien la moindre des choses. Eh bien ça veut dire tout simplement que cette sexualisation du pronom qui n'existe pas,  je vous avais annoncé que je vous en parlerais juste pour effleurer le sujet puisque c'est la mode de distinguer le sexe des mouches, mais qu'on ne s'attarderait pas là-dessus parce que ça n'en valait pas la peine, comme on peut dans un repas se passer de hors-d'oeuvre si vous n'avez le choix qu'entre le pâté du chef qui peut être nocif et la terrine de poisson qui ne passera jamais. Vous voyez qu'on y arrive, c'est seulement une question de patience de la part de l'auditeur (mais oui mais oui, je vous vois - si l'on peut dire - davantage comme des ouailles qui m'écoutent que comme des rats de bibliothèque qui me liraient, et vous avez presque tort, parce que mes bouquins se trouvent pratiquement dans toutes les bibliothèques de France et de Navarre et qu'on ne perd pas son temps à les lire) et de clarté d'expression de ma part. Quand nous aurons bien l'habitude les uns des autres, quand vous serez un peu rodés, quoi , à ma façon de mener ma barque, alors je vous entraînerai dans les méandres de mon discours, ce sera bien autre chose encore et nous risquons tous de nous y noyer. Qu'est-ce que ça peut faire, dites-moi, puisque nous serons ensemble, hein? Retrouvons-nous déjà demain, ça sera beau. Bisous aux mirons de chez le voisin,  remettez-vous, vous l'avez bien gagné. A demain.

                                                                                   Lucette DESVIGNES 

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