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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 13:37
J'ai dit : les bons rails, en route! Je l'ai annoncé, et qui m'aime me suive! (mais vous me direz que je vous annonce sans arrêt des choses mirifiques, ou même tout simplement des choses à faire entre vous et moi, et que rien ne vient, ou si peu à côté de ce qui était prévu). A quoi je pourrais vous répondre que l'union faisant la force j'ai toujours compté sur votre bonne volonté pour prendre sur vos épaules une partie du boulot - et que malheureusement j'attends encore de votre part le plus petit signe de   sympathie. Même pas de sympathie : seulement un petit coucou bonjour, un signe de tête, une marque si peu visible soit-elle, si infime, si discrète,  que vous restez sur mon petit coin de toile, que vous me lisez, que vous tâchez de suivre. Quelque chose qui m'incite à continuer, quoi, rien d'autre. Mais je demeure comme Soeur Anne, la route qui poudroie, l'herbe qui verdoie, rien d'autre ne venant de vous, mes belins-belines - à se demander même pourquoi je continue à m'intéresser à vous. Mais que voulez-vous, je suis ainsi faite que l'instinct pédagogique me donne des forces, quitte à persévérer dans l'incertitude et le désespoir : je mentionne ici mes fonctions primales parce que  vous les connaissez sans doute, mais en réalité ce n'est pas l'instinct pédagogique qui me pousse à pianoter sur mon clavier; c'est tout simplement l'aboulie en face de la drogue. Un simple addict, comme on se met à jargonner à présent. Depuis que j'ai ce foutu clavier devant moi, je le martyrise tendrement sans arrêt - c'est seulement depuis ce temps que j'ai perdu mon arrogance et ma sévérité envers les fumeurs qui ne savent résiter à l'attrait d'une cigarette, car maintenant je sais, oh oui je sais. Je suis de leur espèce, rien de mieux, incapable de m'arrêter en face de la tentation. J'aurais beau avoir fait graver en lettres d'or sur le fronton de mon écran "Vade retro, Satanas!" avec les plus pures et plus pieuses intentions du monde, rien n'y ferait. Et j'ai même par moments un ricanement mauvais lorsque j'évoque l'Institut d'Etude et de Traitement des Manuscrits Modernes qui attendra jusqu'à la Saint-Glinglin la livraison de mes manuscrits à venir (qu'est-ce qu'ils vont bien faire de mes autres manuscrits, hein, dites-moi? au lieu qu'ils s'empoussièrent tranquillement chez moi,  dans mes petits cartons où de temps à autre j'ai le pouvoir de leur faire prendre l'air, ils vont moisir dans leurs caves ou se miter sur leurs rayons humides, eh bien comptez dessus, mes jolis, vous n'aurez plus rien de moi, vous m'entendez? plus rien, pas ça - ah! je voudrais que vous pussiez entendre, vous mes belins-belines, le claquement sarcastique de mon ongle contre les dents de devant, à faire froid dans le dos, ça vous rassurerait sur mes intentions d'inflexibilité même si on venait me supplier à genoux - zu spät, too late, troppo tardi e tutti quanti - de revenir sur ma décision farouche, ah mais!). Je garde de temps en temps pour vous quelques révélations jusqu'alors tues secrètes : celle-là en est une, et si vous rencontrez quelqu'un de l'Institut d'Etude et de Traitement des Manuscrits Modernes, vous pourrez lui dire d'un air souverain que je ne veux plus les connaître.
     Allons bon! Le couvrefeu a déjà sonné! Mes belins-belines, que le temps file donc vite lorsque je suis en votre compagnie! De quoi voulez-vous que nous parlions demain? du personnage? du portrait? de la température printanière, qui devrait bien inciter certains de mes personnages à s'emplumer de neuf pour l'appariage saisonnier? Vous n'avez qu'à dire : vous savez combien je suis docile et conciliante. A demain,  bonsoir les chats, soyez gentils avec ceux qui viendront vous dire bonjour.
                                                                                                       Lucette DESVIGNES
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commentaires

G
Ma chère Lucette,<br /> A vous lire sur ce blog, comme aujourd'hui, Je réalise que j'aime votre écriture, cette façon d'embarquer l'auditeur-lecteur-internaute dans des phrases à tiroirs à secrets à digressions à allers-venues, l'air d'aller on ne sait où, mais non vous , vous le savez.<br /> Je pense au journal de bernard Frank, avec ses billets quotidiens qui ont l'air de partir en tous sens et qui sont un grand bonheur de lecture.<br /> A vous, et à bientôt
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