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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 09:24

     A partir d'aujourd'hui (et ça ne vous étonnera pas si vous avez suivi attentivement ce qui précède) je vais calibrer mes écrits, ceux du moins que je vous destine, ingrats belins-belines toujours silencieux et inertes : je ne vais pas me lancer à l'aveuglette dans le discours, je vais garder les yeux fixés sur la igne terminale d'un message normal, exactement comme en 14-18 on gardait les yeux fixés sur la ligne bleue des Vosges. Cela m'évitera d'avoir à recopier à la main les portions d'articles qu'on peut aller rechercher dans le bas des feuillets mais qui refusent de se laisser imprimer (si je vous le dis...). Moi qui me réjouissais depuis quelque temps de savoir si efficacement remplacer le bic et le bloc par ces contributions qu'on peut à volonté garder en boîte ou faire sortir de l'imprimante, j'étais toute honteuse hier de devoir compléter à la main les articles tronqués dont je faisais le bilan. Eh bien oui, c'est de saison. Les marchands de chaussures font l'inventaire après les soldes, les comptables s'activent avant les déclarations d'impôts, les négociants en tapis bradent tout à des prix défiant toute concurrence, dans les maisons les ménagères se livrent au nettoyage de printemps - que voulez-vous, les premières chaleurs dopent tout le monde. Pourquoi pas moi, dites un peu? Donc je m'active aussi côté bilan. Je compte les visites - c'est vite fait, glissons. J'échafaude des plans de bataille pour mieux répartir l'efficience de mes leçons,  instinct pas mort, pas de raison que les méthodes aient vieilli de leur côté. Si ces méthodes ne vous attachent pas à moi à jamais, mes belins-belines, c'est que vous êtes réfractaires à tout ce qui sort quelque peu de l'ordinaire. Tant pis pour vous, ce n'est certes pas moi qui vais me mettre à pleurnicher sur votre évident manque de bonne volonté. Your loss, comme on dit si placidement aux USA à quelqu'un qui vient de manquer une bonne occase.

     Ce qui est ennuyeux, avec ce nouveau système de contrôle de longueur que je m'impose, c'est que vous vous sentez tout privé d'inspiration à peine avez-vous réglé vos limites : vous les devinez du coin  de l'oeil, même si vous regardez dans une autre direction, inutile de dire que ça vous coupe vos effets. Pas de lyrisme échevelé, pas de grande envolée : à l'arrière-plan de votre cerveau qui continue superbement à dérouler ses idées et ses phrases, vous sentez ce frein qui se met à faire tic-tac de plus en plus véhémentement. Je ne sais pas ce que le mors peut faire sur les gencives si sensibles du cheval (encore une de ces trouvailles cruelles de l'homme sur sa plus noble conquête), mais je sais désormais ce que la limite imposée peut faire comme mal à l'imagination. Et pourtant non, après tout. Je vais vous commencer ici une petite histoire vraie, si je dois l'interrompre brutalement because surabondance je la poursuivrai demain, sans bien sûr gâcher les messages du soir aux minets, tant pis si je n'ai pas le temps de vous saluer comme d'habitude, Your loss!  J'avais eu connaissance d'un concours de nouvelles sur tout le territoire de la France, sujet libre, un concours pour le fantastique, un concours pour l'humour. Chaque contribution limitée à 300 lignes. Quand j'informe autour de moi de mon intention de participer, tout le monde se moque. 300 lignes! Toi te limiter à 300 lignes! Je serais curieux de voir ça. Et de pouffer, et de m'étiqueter parmi les incapables des textes courts. Moi, humiliée, piquée au vif. Suite à demain.

                                                                                                                                                         Lucette DESVIGNES;

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commentaires

P
They wouldn’t read eleven as one-teen or tenty-one, either.
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