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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 17:56

     C'est aujourd'hui que le titre d'hier conviendrait bien, mais on peut facilement continuer sur la lancée. Je parlais hier de ce couple adhérant à son biotope pour le meilleur avant que le pire ne se produise. Je le donnais comme exemple de fusion, les divergences ou remous de l'intérieur dûment muselés, le bloc soudé, pas de faille visible. Je prendrais volontiers dans la deuxième saga l'exemple d'un autre couple, celui de Wollef et de Leni. Au démarrage, encore bien plus d'embûches et de difficultés : Marrain et Jeanne profitaient de l'entente que voulaient nouer les familles entre leurs deux maisons, cette fois-ci les deux familles sont ennemies. Deux familles extrêmement pauvres, riches seulement en enfants, obsédées par la faim dès que la mauvaise saison s'est installée. Et s'étant imaginé qu'il devait y avoir une hiérachie à l'intérieur de ces pauvretés, une famille estimant l'autre encore au-dessous d'elle. Pas question, donc, de laisser les aînés de ces deux tribus s'aimer comme ils ont commencé à le faire, c'est-à-dire d'une passion violente. Lorsque cette passion devient évidente, ils sont chassés l'un et l'autre de chez eux, même s'ils représentent pour le père de chaque famille un soutien nécessaire. La bonne raison de cet ostracisme ? Wollef s'est abstenu de faire ses pâques, afin de faire comprendre concrètement à la Mère qu'il a pris son indépendance et qu'il est normal qu'il aille chercher l'amour en dehors du cercle familial. Pour la famille de Leni c'est le prétexte idéal : comment laisser l'aînée à un mécrant avéré? C'est seulement après l'arrachement au pays natal, après la rupture des liens avec les deux familles, après l'installation aux Amériques, que cet amour pourra pleinement s'épanouir. Et il faudra des années pour qu'on aperçoive entre ces deux êtres qui ont été des amants passionnés une fissure, laquelle prend une forme spécifique pour l'un ou pour l'autre : Wollef retrouve peu à peu le tempérament autoritaire de son père, rêve du pouvoir - petitement puis sur une échelle plus publique - tandis que Leni refuse la venue d'autres enfants et se tourne vers un amour secret . Même bien caché le secret vit entre eux comme la soif de l'autorité, chaque mal dévorant l'autre. Et même si finalement   chacun survit dans son autarcie d'individu sans se retrouver brisé et anéanti, le couple a fait les frais de ces élans dissociés. L'invisible fracture a pris de l'ampleur au point d'être devenue perceptible à tous. Il est bon, me semble-t-il, d'admettre dans la formation d'un couple un élément contraire - ou contrariant - qui permettra éventuellement diverses variantes.     Toujours en laissant faire et laissant passer (vous savez sans doute que c'était la devise de certains économistes de la préhistoire, laisser faire, laisser passer : c'était aussi ce que les copains disaient de moi en me voyant tenter de jouer au tennis avec eux) . C'est comme faire le mort au bridge, j'aimais ça, et au tennis j'aimais mieux ramasser les balles tombées, ça m'épuisait moins que d' interrompre leur trajectoire quand elles m'étaient destinées. Voilà la fin, à demain, pas le temps de vous dire ce dont on va parler, mais mamours aux chats.

                                                                                                             Lucette DESVIGNES;

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