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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 11:56

     Bon. Aujourd'hui on fonce, le terrain a été déblayé suffisamment dans les séances précédentes. Théâtre, donc : que voilà bien un genre séduisant, même si ses formes modernes (formes, encore : vous voyez qu'on rencontre à chaque instant du vocabulaire sur lequel on pourrait gloser) sont souvent époulaillantes (autre mot du vernaculaire stéphanois que vous ne trouverez pas dans le NPLI : à la fois ébouriffantes, ahurissantes, déconcertantes, hermétiques... vous voyez, quoi). Théâtre,  oui : Sartre et Camus en même temps, vous en restez baba, n'est-ce pas? Les Justes un soir, Les mains sales le lendemain - pour profiter du même plateau même si le décor a changé quelque peu (toujours minimaliste : il y a moins de déménagement à prévoir et puis sans décor traditionnel le public se trouve tout de suite plongé dans la gravité d'une méditation profonde). Et pourquoi pas  ensemble, en effet? Deux pièces écrites à peu près en même temps,   créées à quelques mois d'intervalle, aérant toutes deux des problèmes de moralité et de justice, de résistance et de terrorisme, de compromission ou de pureté totale. Chacune selon son axe évidemment, pour des problèmes qui, même s'ils sont toujours et incompressiblement d'actualité (Palestine, Irlande, répression partout donc réaction violente et désespérée partout) ont pris un coup de vieux. Je sais bien que les metteurs en scène et programmateurs cherchent constamment à redonner une vie actuelle aux textes de théâtre déjà un peu anciens, voire complètement mangés aux mites (j'en ai de bien bonnes à vous raconter sur Marivaux et ses mises en scène modernes, comptez sur moi, je n'oublierai pas, oublier Marivaux, moi? vous rêvez... Et puisque nous avons plongé dans le théâtre, on va pratiquer l'immersion longue durée, moi ça me convient, si ça ne vous convient pas, mes belins-belines, vous savez ce qu'il vous reste à faire : à vous de jouer!). Des fois ça marche,  une mise en scène contemporaine peut donner une vie (une survie) à un texte mort (tiens pas exemple, Monsieur de Pourceaugnac : mauvaise pièce, mal écrite, sans structure, sans invention, dont le pauvre Molière n'était à juste titre pas fier du tout : si  la diatribe ridicule contre la province et les provinciaux ne passe plus du tout - vous connaîtriez un antagonisme entre la capitale et la province, vous? Jamais entendu parler, moi, connais pas - et si vous la remplacez par le problème de l'exclusion des "bronzés", des "typés", des "colorés", tendres  euphémismes pour tout ce qui nous vient d'au-delà de la Méditerranée et que, une fois usés jusqu'à la corde, nous voudrions renvoyer chez eux en culpédant, c'est un remplacement qui peut susciter la discussion contemporaine, à condition d'ailleurs que le remplaçant du héros  soit lui-même un noir). Mais très franchement ça ne va pas loin. Alors, qu'on laisse le texte dans son contexte historique ( l'assassinat du grand-duc) ou qu'on l'intemporalise (car la tentation de la compromission politique est pérenne,  nous le savons, oh là là!), la poussière reste la poussière; il faudrait ds tapettes (à tapis) ou des aspirateurs vigoureux pour faire du neuf avec du vieux, même s'il a eu son heure de gloire. Je reviendrai sur Camus-Sartre demain, pas de problème, avant de revenir sur Marivaux pour la gaudriole. D'ici là, caresses aux minets minous minettes. Et vous, belins-belines, réveillez-vous (comme on dit à l'Armée du Salut). Oui, à demain.

                                                                                                                                        Lucette DESVIGNES.

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