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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 10:44

     Oui, la chance, nous l'avons dans la région. Je suis (d'un oeil endormi d'ailleurs, je l'avoue) les gestes des marionnettes de la climatologie appliquée - aucun rapport, au passage, avec celle dont je vous vante les mérites et beautés lorsque mon humeur s'y prête - avec leurs silhouettes adaptées : minces comme un fil, ces bonnes femmes, et l'air culotté, et le bagou inendiguable, est-ce qu'elles ont appris leur leçon ou est-ce qu'elles débitent n'importe quoi, pourquoi pas le texte d'hier ou de la semaine passée, l'essentiel étant qu'elles ne s'arrêtent ni dans leurs gestes caressants et autoritaires à la fois, ni dans leur débit semblable à celui d'un fleuve en crue?). Si j'avais quelque énergie ou quelque curiosité (mais, mes belins-belines, tout ce que je possède en ce domaine vous est réservé, oui à vous, consacré, en exclusivité, il ne me reste rien pour mon petit particulier) j'essaierais de voir si d'une chaîne à l'autre elles disent la même chose. Je n'en suis pas si sûre, au fond : si vous passez d'un système à un autre, les nuages bougent ou ne bougent pas, il y a des flèches partout qui bougent, elles, vous avez des grands dessins compliqués qui recouvrent les croquis,  (toujours en direction de la droite, vous avez remarqué? on pourrait gloser là-dessus, hein?) si bien que vous vous étiez à peine repérés à partir de la Bretagne (celle-là on la reconnaît bien, tout de même) qu'on vous bouscule votre panorama météorologique, qu'on vous roule dans les grands  gestes de bras et de main en danseuse comme si vous étiez une faible épave dans les plis d'une houle marine (mon dieu il y a des jours de grâce de temps à autre : aujourd'hui c'en est un, je voulais parler seulement du beau temps qu'il fait chez nous - même si Charbonnier-beau-Sourire  ignore que Dijon existe : elle parle de Langres ou de Trifouillis-les-Oies, mais Dijon elle ignore, ni moutarde ni Kir ni mignonnettes fourrées à l'abricot - seulement du beau temps, oui, qui nous tombe dessus depuis trois ou quatre jours comme si on l'avait mérité et sans besoin d'une annonce particulière sur les étranges lucarnes, et puis finalement je suis bien obligée de vous signaler que la chance pour moi s'étend jusqu'à la puissance poétique : constatez je vous prie qu'elle ne m'est pas refusée même si nous ne sommes encore pas à la fin de la matinée (cela me rappelle qu'une de mes petites amies, lorsqu'elle allait en vacances chez sa grand-mère en Provence, l'entendait dire tous les matins, avant même huit heures : "Sylvette, allons debout, la matinée s'avance, on sera bientôt à la tombée de la nuit"...- et de fait la ratatouille était déjà cuite, les oignons d'abord, les aubergines, les poivrons, les tomates, les courgettes, le tout séparément, et vous savez que séparément ça prend rudement plus de temps que si vous vous contentez de vider dans votre casserole  un sac de surgelés tout prêts). Pour nous, mes belins-belines, la matinée n'est pas encore trop avancée, mais je suis sûre que je vous ai déjà soûlés de mes parenthèses et de mes incises, pour ne rien dire du corps du texte qui, lui, reste fidèle à ce qu'il doit être. Fidèle à moi, en tous cas : c'est vrai qu'il m'obéit bien, au doigt et à l'oeil,  mais mes chats aussi m'obéissent parfaitement, de quoi laisser les non connaisseurs incrédules. Oui, mes chats m'obéissent, vous devriez les voir quand je descends au jardin et qu'ils accourent de toute part pour me faire une haie d'honneur ou un cercle d'affection. La chance, je vous dis, je l'ai dans ma poche. A demain, laissez sortir vos chats, ils ont eux aussi besoin de soleil. Soignez-les bien.

 

                                                                                                                                     Lucette DESVIGNES.

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