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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 16:12
   Je vous ai déjà parlé d'Al Pacino. Je me vois obligée de le faire de nouveau (ne me plaignez pas: je jouis comme un pou sur une vieille cravate) à cause de SCARFACE et de son remake par Brian de Palma. Moi j'en étais restée tout benoîtement au Scarface première mouture, avec Paul Muni (d'ailleurs, si j'ai bien consulté les programmes des étranges lucarnes, j'aurais pu le revoir à partir de quelque vingt-trois heures bien tassées, à la suite de son remake). Je suis volontiers accro à l'écran, surtout au petit qui m'est servi sans que j'aie à me déplacer et qui me permet aussi de faire quelques exercices d'élongation (davantage afin de décongestionner mes vertèbres que dans l'espoir de gagner quelques contimètres) pendant les phases de morte-saison.Tout de même, deux scarfaces de suite ça faisait un peu beaucoup, j'en suis donc restée à mon premier (le premier de la soirée, entendons-nous bien, mais le deuxième par ancienneté). Donc ce premier de la soirée comportait Al Pacino. Un vrai récital : d'abord le beau titi cubain, frisé, souriant, charmeur, décidé à tout pour s'infiltrer aux USA. Puis l'apprenti gangster par le biais de la drogue, calculant ses coups, peu à peu se débarrassant de ses anciens initiateurs au bisness, encore pequenot malgré sa démarche avantageuse et ses costards neufs. Enfin, avant la chute finale bien entendu ("Crime does not pay", répète la vertueuse Amérique), suçant un cigare trop gros, roulant des mécaniques avec suffisance, lançant ses gars dans des opérations de plus en plus culottées, laissant enfin paraître son talon d'Achille, à savoir l'amour qu'il porte à sa soeur, dont il aurait voulu empêcher la mauvaise conduite et l'addiction à la coke, par pure jalousie, comprend-on à la fin. Je dois dire que quand je le vois sniffant à partir d'un gros tas de neige, gardant son nez barbouillé avec un air de zombie, je souffre pour lui d'avoir à nous donner cette image de lui-même : avachi, prostré, écroulé sur sa chaise de restaurant après que Michelle Pfeiffer l'a quitté (Diane Keaton le quittait aussi à la fin du Parrain). C 'est normal : celui qui sème le vent récolte la tempête. Toutefois, mis à part quelques meurtres auxquels on s'attendait et qui font bien dans le tableau d'un gansgster en pleine ascension,on décrocherait volontiers quand les cataractes d'hémoglobine prennent le pas sur tout le reste. Depuis qu'Orson Welles nous a montré ce qu'on peut faire en mitraillant la galerie des glaces pour atteindre à l'aveuglette les types derrière, il est de bon ton de canarder à tout va, surtout quand il y a des escaliers, des rampes, des balcons, des fenêtres, des miroirs. En principe, cette variété du décor appelle le changement d"'angle, donc devrait rénover le plaisir esthétique. Ouatte! comme on disait dans ma campagne il y a longtemps, c'est pas comme ça que ça s'est passé hier. En tout cas pas pour moi, les éclats de mitraille m'ont laissée bien froide et j'en suis encore à me demander aujourd'hui pourquoi cette version-là est devenue un film-culte. J'espère ne pas vous froisser en vous exposant mes perplexités. Ou plutôt si : si vous passiez du rang de muets au rang de révoltés, à grand renfort d'insultes et de vociférations sur le net, qu'est-ce que je serais contente! Ne passez quand même pas votre ire sur vos chats! Calmos, calmos... A demain.
                                                                                                Lucette DESVIGNES.
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