Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 13:40

Mon premier contact avec eux s'était produit grâce à BBC Prime, tard le soir. J'avais trouvé assez ardu de suivre leur enquête jusqu'au bout, je ne comprenais surtout guère le genre de relations qu'entretenaient deux policiers travaillant ensemble en équipe, à s'envoyer sans arrêt des piques plus ou moins piquantes, le subordonné (mais y en avait-il vraiment un? il avait l'air si désinvolte, celui-là) se contentnt silencieusement d'opposer à la logorrhée de son chef un petit sourire indiquant qu'on pouvait bien toujours lui donner des ordres, il n'en ferait jamais qu'à sa tête. J'avoue que je n'avais pas suivi la série, un peu rebroussée de poil et de bonne volonté,par ces rapports bizarres (au contraire,, également dans les séries policières à succès de la BBC, j'aimais assez les relations de classe entre le sergent Havers - la fille,du peuple avec son petit nez retroussé et son allure privée de coquetterie - et le lieutenant Lindsey qu'elle dévore des yeux et en silence depuis toujours et auquel elle lance à la figure son aristocratie, son ignorance des conditions de vie des classes inférieures si marquées au Royaume Uni, son snobisme fréquent, voire ses occasions de la lâcher face à leurs supérieurs hiérarchiques qui la déplacent, la suspendent, la rétrogradent avec désinvolture et sévérité,- tout en montrant pour le fils de famille, sinon  une indulgence coupable, du moins une connivence de vues qui peut choquer un républicanisme bon teint, celui d'ailleurs que l'on ignore gaillardement Outre-Manche). Oui,  ces relations-là se comprenaient facilement, surtout si on est rodé par les séries françaises o*ù les co-équipiers ont toujours entre eux quelque chose de mal digéré : une rancune, une jalousie, une exaspération quelconque. Entre Pascoe et Dalziel, rien de tel, je ne mordais pas à leurs histoires. Et puis on m'a mis entre les mains un roman policier en anglais d'un auteur que j'ignorais alors, j'ai dévoré cette enigme policière compliquée et exaltante (où des meurtres en série sont annoncés d'avance, par les arrivées entre les mains du jury,des nouvelles envoyées benoîtement au concours de la bibliothèque) et j'y ai retrouvé mes amis si ennemis des mystères policiers élucidés par leurs soins conjugués et souvent contrariés. Les voilà entrés dans mon panthéon des détectives, private eyes, inspecteurs, commissaires,constables, qui se démènent partout dans le monde, circulent au milieu des pourris, tous selon les mêmes schémas, avec les mêmes mentalités, pas toujours les mêmes résultats ni les mêmes armes,mais tous avec un minimum d'hémoglobine pour laisser la place au travail cérébral d'investigation autrement signifiant (si vous voulez de l'hémoglobine, préférez les séries médicales et chirurgicales, secteur Urgences ou Maternité, je vous assure que vous en aurez pour votre argent surtout si c'est gratuit,: hier soir j'avais bien cru que j'avais été aspergée par le sang qui giclait des abdomens perforés, des torses défoncés, des coeurs ouverts qu'on vous pitrougnait à pleines mains, je m'essuyais furtivement, c'est aussi parce que la chirugienne en chef s'en était éclaboussée, la pauvre, au terme de toutes ses manipulations comme la mer toujours toujours recommencées, elle en avait plein le cou, et quand elle remettait distraitement ses boucles avec ses mains ensanglantées, ah bloody show, doit-on dire là-bas). Bon. Vous avez compris. Dalziel et Pascoe commencent une série nouvelle tous les mercredis soirs, inutile de me téléphoner après 21h, je ne serai même pas en état de répondre à vos chats.
                                                                                                     Lucette DESVIGNES.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de lucette desvignes
  • Contact

Recherche

Liens