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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 21:19

     Mes belins-belines (j'entends dire là-bas au fond de la classe "Méfiance! Quand elle commence par des        tons mielleux,    qu'est-ce qu'elle ne nous mijote pas encore!") mes belins-belines, sans me laisser impressionner ni bouleverser jusques au fond de l'âme par quelques rumeurs malignes, je vous signale qu'au jourd'hui je ne peux moins faire que de vous parler du personnage. Figurez-vous que je viens de lire un article qui porte sur le langage de mes personnages, précisément : comment voulez-vous que je m'abstraie? On avait déjà, il y a longtemps, attiré mon attention sur le langage des yeux dont je confiais à mes divers personnages, hommes ou femmes, une pratique incessante, et c'est bien vrai que très souvent chez moi, là où le non-dit m'apparaît comme un supplément d'intérêt pour le lecteur qui ainsi partage avec moi, au plus près, les émotions de la créativité, les yeux remplacent les paroles. On a un peu, m'a-t-on déjà dit, l'impression en me lisant  qu'on voit mes personnages comme au cinéma, gros plans, yeux remplissant tout l'écran, relief de la bouche etc. Tant mieux si c'est vrai, car le cinéma est pour moi un art majeur; et je serais heureuse d'en avoir été imprégnée par la dévotion  de toute une vie à cet art (qu'on dit septième parce qu'il est arrivé après les autres, tout simplement et sans autre raison) au point d'en avoir adopté une teinture pour mon écriture, et cela sans le vouloir à tout prix, naturellement. Eh bien il paraît que le regard n'est pas seul chez moi à traduire ce qui se trame au fond de mes personnages, tout au fond, là où il est si difficile de faire sortir les mots pour établir la communication avec les autres. Non, le corps est de la partie. Les mains, les bras, les attitudes qui trahissent l'humilité ou la provocation, l'abandon ou l'exaspération, les dos, aussi, qui cachent les visages mais ont leur éloquence particulière si on veut bien lire en tendant l'oreille... Cette importance accordée aux dos - et dont je ne m'étais pas avisée auparavant - me fait penser à des commentaires de critiques de cinéma, à propos précisément de la "présence" des dos : quand on voit un acteur de dos, un grand bien sûr, un de ceux qu'on reconnaît sans erreur - un Gary Cooper, un Cary Grant, un Marlon Brando, un John Wayne, un Clint Eastwood - c'est un hommage non seulement à son beau physique mais encore et surtout à son métier. Et dans ce petit festival de dos d'acteurs qu'on montrait, devinez à qui revenait la palme? J'en frémissais de joie parce que j'avais deviné : Mitchum, mes belins-belines, Robert Mitchum, le plus grand, le dos le plus éloquent! J'étais bien d'avis, même si tous les autres que j'ai cités ont aussi des dos qui savent parler. Et quand vous avez vu le dos,  impssible de ne pas imaginer le visage avec l'expression qui correspond exactement à la présence dorsale . On continuera demain. Si c'est trop difficile déjà dites-le moi, je mettrai la barre un peu moins haut. Bises aux chats.

                                                                                                           Lucette DESVIGNES.

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