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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 14:57

     Je ne sais si vous êtes comme moi, je ne sais pas attendre. Si une heure a été fixée par commun accord, alors l'heure c'est l'heure, après l'heure c'est plus l'heure. L'attente me rend nerveuse, puis crispée, puis franchement de mauvaise humeur. Voilà, la mauvaise humeur est déclenchée : j'attends des amis , il est 15h, j'ai dû recouvrir l'entrée - déjà amoureusement préparée sur les assiettes - d'un film fraîcheur pour les enfiler dans le réfrigérateur (déjà si plein, le pauvre! c'est miracle qu'on ait encore pu lui faire avaler quelque chose, mais vous savez, quand j'ai décidé de faire, moi je fais). J'ai coupé sous mes pintades, tout était prêt, j'ai mis le feu aux alentours de 13h30, ce qui me paraissait raisonnable comme rallonge de temps et de patience, et puis j'ai dû le saborder, elles sont tout juste un peu rôties, j'espère qu'elles ne sentiront pas le réchauffé (dame! la viande...) quand une fois mes amis arrivés je remettrai toutes choses en train. Mais viendront-ils avant la nuit? Les Américains, quand ils s'amènent ils s'amènent, ça c'est sûr : voilà déjà deux fois qu'ils nous font le coup, à chacune de nos guerres, et heureusement qu'ils ont su à chaque fois compenser leur arrivée tardive. Les miens vont se pointer comme des fleurs, forts de leurs horaires de bouffe aussi flottants que souvent dingues (j'en sais quelque chose : selon les jours le breakfast pris au resto du coin aurait presque l'allure d'un brunch, ou devient totalement inexistant; tandis que le repas de midi, avec chez eux son luxe de sandwiches aussi variés que bourratifs, se prend facilement  autour des 14h 30, même si le dîner en ville est programmé pour 17h chez des copains - l'estomac et les processus de digestion doivent être aussi élastiques et accommodants que l'emploi du temps). Sans être très rigoristes, nous admettons toutefois difficilement ces vagabondages  alimentaires. J'avais prévu pour mes amis un déjeuner en règle, puis un goûter raffiné, puis ce soir un dîner assez plaisant lui aussi - bon, imaginez qu'ils se pointent vers 16h? Tout de même pas leur servir mes pintades en milieu d'après-midi?  Et mes gâteries du goûter, si je les déplace, elles vont se retrouver avec la truite fumée vespérale? Je reste perplexe - et de mauvaise humeur, naturellement. Et ne venez surtout pas faire les innocents en me demandant d'un air futé : "Comment comment? Des pintades? de la truite fumée.? Et le régime végétarien?" Vous croyez me coincer à partir de confidences qui auraient échappé à ma vigilance? Désolée, mes belins-belines : je ne mange pas de ce pain-là, et je peux parfaitement ne manger que les légumes d'accompagnement, ou le beurre qui va avec le poisson en hors-d'oeuvre, sans le moins du monde que mes convives se sentent rendus coupables de gloutonnerie en face d'une exemplaire ascète. C'est que vous me connaissez mal : j'ai mauvais caractère, mais je suis facile à vivre. Mon mari m'a donné un principe qui m'a régie depuis ces temps lointains : en m'apprenant à conduire, il m'assénait sans arrêt que la seule chose à faire c'était de ne jamais emmerder les copains sur la route. Je vous assure que ça vous dresse. Rien que de songer à cette saine philosophie je me reprends à retrouver le calme digne d'une amphitryonne distinguée. Attendons encore. Peut-être qu'ils trouveront extraordinaire le mélange de truite et d'oeufs au lait, ce soir. On ne sait jamais. En tout cas, je vous tiendrai au courant.   

                                                                                                        Lucette DESVIGNES.

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