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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 10:27
     C'est peut-être d'avoir fait du scoutisme dans ma jeunesse que je me sens à l'aise d'être toujours prête un peu à l'avance. Ce n'était pas du scoutisme tonitruant, certes : d'abord c'était pendant l'Occupation allemande,  il fallait être prudent et fonctionner sous le manteau (je me rappelle cependant un camp de quelques jours fait à Pâques 43, je crois - oui, c'était avant le premier bac - à Montbéliard, avec un salut au drapeau exécuté dans la gravité qui convenait alors dans une cour d'école mais sous les yeux des sentinelles qui se promenaient sur les hauteurs; mon père eût été là, il aurait dit calmement : "Mais elle va me faire fusiller, cette petite!" - calmement, oui, lucidement, mais avec pour moi toute l'indulgence dont il disposait) - fonctionner sous le manteau, donc, et puis il ne s'agissait pas du niveau louveteau, nous étions des éclaireuses aînées, les passe-temps étaient autres et les feux de camp plutôt méditatifs. Mais les principes ont tenu bon : je me les répète souvent, preuve qu'ils ont été bien enfoncés à coups de marteau (mais non : disons plutôt que l'enseignement moral était juste celui que j'attendais et que le terrain était fertile) : J'aime ce qui est difficile - que ton oui soit oui, que ton non soit non - etc... Il n'y a guère que "Le paquet de l'Eclaireuse est solide et élégant" auquel je n'ai jamais pu donner mon accord, pas par mauvaise volonté bien sûr, mais parce que j'ai cinq pouces à chaque main (I'm all thumbs, disent les Anglais, c'est si joli), mieux vaut ne pas même évoquer ce que je suis parfois résignée à confier à la poste. Ce doit être de famille : pendant ma première année de fac à Dijon, ma mère m'avait envoyé par la poste six oeufs dans un petit emballage de papier bulle, j'avais reçu à mon domicile d'alors une convocation à un guichet postal où la postière m'avait tendu au bout des doigts et d'un air dégoûté (on la comprend, la pauvre) l'omelette déjà faite avec l'emballage servant de poêle à frire; d'ailleurs malgré ses dénégations et protestations je lui avais généreusement fait don de l'ensemble, j'ai toujours dans l'oreille le son de sa voix pendant que je prenais la fuite - ça c'était de la lâcheté, on avait dû me donner aux Eclaireuses d'autres principes pour ce cas-là mais je l'avais oublié. Donc, avec les principes ancrés de bonne heure, je ne suis jamais en retard, je pratique plutôt l'avance. La preuve : hier j'attendais mes amis américains qui n'arriveront que demain, tout est à refaire, y compris bien sûr le bouquet de roses dans leur chambre. J'essaierai de vous tenir au courant de la manière dont se dérouleront des agapes dont l'agencement aura été si nettement contrarié; il y aura sans doute de la contrariété dans l'air au niveau des denrées, je n'ai plus ma Marocaine (en vacances), je n'ai plus mon taxi du mardi (en vacances), donc plus personne pour m'emmener refaire le plein de victuailles, il va me falloir aviser. Rassurez-vous, mes belins-belines, je sais conjuguer le verbe aviser à tous ses temps. A demain, de bonne heure,  je serai à mon poste . Il n'y aura sans doute ni théâtre ni roman au menu, mais j'y serai. Confiance 17, il faudra bien que ça se mette à grimper, ce machin.
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