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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 19:43
     Je vous parlais de catalogues hier, je crois. Aujourd'hui j'en reçois un où se déploie la chicorée sous toutes ses hypostases, comme on dirait dans la critique littéraire :  non seulement liquide ou en grains, mais surtout au bon goût de café (ça me paraît normal), au bon goût de chocolat (c'est plus étrange) mais surtout au bon goût de vanille. C'est un peu le mariage de la carpe et du lapin, mais je vois là essentiellement l'application des principes qui régissent notre économie quotidienne : le deux en un, le trois en un, vous connaissez les formules, ça gagne du temps, ça fait deux, voire trois choses à la fois (le font-elles bien? autre problème que je ne suis point chargée de résoudre). Il y a dans tout cela, évidemment, une tendance de toujours à offrir un échantillionnage varié sous un petit volume. La cassata sicilienne, la tranche napolitaine toutes deux aux parfums triples, le gâteau marbré, ça remonte à loin, c'est plus récemment qu'on raffine sur la coexistence des contraires,  tenez, à partir du moment où on a accepté les notions de sucré-salé ou aigre-doux. Les tempi de nos existences se bousculent inexorablement, on veut vivre doublement et même triplement si possible : d'où ces offres de choses (quelles qu'elles soient) qui nous permettent de faire, de connaître, de goûter deux ou trois fois plus vite. Ainsi cette confiture de cassis à la chicorée (je n'invente rien) qui vous évite de tremper votre tartine dans votre bol le matin... Je pensais surtout qu'il s'agissait du domaine gastronomique, où les mélanges sont souvent bienvenus, mais que pensez-vous des tulipes-lis, des tulipes-pivoines, des primevères à fleurs de roses, et j'en passe certainement? C'est curieux tout de même, cette démangeaison d'estomper les frontières entre espèces. Toutefrois j'aimerais vous laisser sur cette image tout juste cueillie dans une de mes séries anglaises où tout se passe dans la fébrilité de l'hôpital. Deux chirurgiens discutent tandis que l'un d'eux farfouille avec ardeur (on voit, bien en détail, toute la charcuterie dont il s'occupe)."Je regarde l'appendice, c'est pas ça" (on nous le montre), "je regarde le foie, c'est pas ça "(il ne se contente pas de regarder, il tripote, il pitrougne comme on dit en Saône-et-Loire, il sort la triperie à deux mains - la séparation est-elle complète? on n'ose se poser la question), "je regarde le pancréas, c'est pas ça", "pas la rate non plus"...Arrivé là, on se demande s'il reste encore quelque chose dans la cavité sanguinolente, mais par bonheur elle ne reste pas béante longtemps. "Alors je rebouche, tu ferais pareil, hein?" Et les abatis extirpés pour vérification sont refourrés dans la panse , comme on bourrerait un coussin  avec du kapok ( j'ai pu m'assurer qu'il n'en restait aucun débris sur la table, rien n'a été perdu, ouf! on a eu chaud). Dormez bien quand même, à demain.
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