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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 15:30
     Non point "sur le fil, sèche la lessive", comme dans la chanson  si franchouillarde d'avant la guerre (je vous précise pour la dernière fois, mes belins-belines, qu'il ne s'agit pas de la guerre de 14, à laquelle vous me renvoyez toujours; je ne vous le dirai plus, ça m'irrite ça m'irrite, pourquoi pas celle de 70 pendant que vous y êtes?)... Non point "sur le fil du rasoir", ou comme aurait pu dire mon cher Marivaux s'il avait manqué de goût, "le fil du rasoir et de la mort". Non point... Tenez, je ferai mieux de vous dire tout de suite ce qu'il en est, et pourquoi je suis toute retournée. Ce matin rien que de normal : un pied puis l'autre sur la descente de lit, dans le bon ordre, bonjour aux chats, ceux du dedans ceux du dehors, gâterie spéciale pour les tout petits, bref une belle journée qui commençait,  le soleil se mettait de la partie sans trop forcer son talent, les Catherine Deneuve allaient donner pour la troisième fois de la saison, mes deux lilas des Indes ne donnaient rien comme d'habitude mais depuis trois ans j'en avais pris mon parti et je les laissais faire, peut-être qu'à force de voir mon dédain ils finiraient par se raviser, les éboueurs avaient déjà vidé ma poubelle... Bref je vous le répète, une belle journée qui commençait. A peine le temps de m'ébrouer, de tirer des plans sur la comète pour utiliser au mieux la fin de la semaine (non point en sorties dispendieuses ou éclectiques, mais tout simplement pour une efficacité accrue, voire pour un rendement qui me satisferait - il n'est pas interdit de rêver tout de même) et voilà le courrier qui arrive. Et là, mes belins-belines, parmi la tonne de prospectus qu'on me fourre dans ma boîte malgré mes récriminations orales et écrites, un choc!  A moi adressé, oui, à personne d'autre : "Votre vie ne tient qu'à un fil" (en rouge et noir et souligné). C'est vous dire si le soleil se cache pour moi, si mes mains se mettent à trembler... En un éclair je m'apprête à téléphoner à l'entreprise de pompes funèbres qui a déjà enregistré ma commande d'obsèques - et c'est payé rubis sur l'ongle, les bons comptes font les bons amis - pour les prévenir de ne pas s'absenter, qu'ils vont avoir à s'occuper de moi incessamment peut-être même avant. Je me sens comme menacée par une présence diffuse et sourde qui tire sur ce fil au bout duquel je pends, et je me prends à regretter amèrement de ne pas avoir suivi des régimes amaigrissants avec plus de rigueur quand il en était temps encore, c'est vrai ça, comme dirait la mère Denis à côté de son lave-linge, en pesant moins je tirerais sans doute moins sur ce fichu fil. Puis avec résolution j'ouvre ce message menaçant, tant pis, un homme averti en vaut deux, il vaut mieux être au courant. Et alors là, à grand renfort de diagrammes, de dessins en couleur, de  schémas et croquis (celui concernant la prostate est délicieux dans son symbolisme) j'apprends que tout en moi concourt à ma perte : vue, mémoire, poumons, estomac, foie, oedèmes, articulations, tout je vous dis. Et vous savez pourquoi tout ça s'est déglingué au point de me chercher noise définitive? A cause du collagène, tout simplement! Si on manque de collagène, on vieillit, depuis l'âge de 50 ans on n'en a plus qu'un tout petit peu, il faut donc consommer des pilules pour s'en refaire. Je respire : j'ai le collagène qu'il me faut, allons, c'est pas encore pour tout de suite. Je peux vous dire A demain d'un coeur léger, à vous et à vos minets!
                                                                                                       Lucette DESVIGNES.
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