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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 14:55
     Ne croyez pas, vous trompant une fois de plus à l'énoncé de mon titre, que je vais changer radicalement de sujets ou de technique de harangue pour vous plaire davantage, histoire de râtisser plus large et plus profond comme Mitterand dès sa première mise en difficulté, en 85 je crois. Que non pas! Je me trouve fort bien de ce commerce à l'aveuglette et n'ai pas l'intention de déplacer ni une virgule ni un iotta de mes prévisions de textes. Quand on tient un filon, on l'exploite, scrongneugneu! Vous avez vu hier ce qu'on peut faire sur le thème de la famille (et que l'exclusion accompagnée de la gestuelle traditionnelle soit perçue comme si gravement blessante me demeure un mystère, car être exclu de cette famille serait presque une bénédiction, à mes yeux en tous cas). De la même manière et appartenant à la même source - ces EastEnders qui s'observent et s'étudient comme des animaux de laboratoire encore plus que comme des bêtes sauvages - le thème du changement (d'où mon étiquette pour l'aujourd'hui) reste une sorte de justification des jugements portés sur les individus avec lesquels ils sont contraints de vivre. La question "Est-ce qu'on change, est-ce qu'on peut changer?" se heurte à sa commère  la réplique "On ne change pas, on ne change jamais". Vous voyez la profondeur de la réflexion philosophique : n'importe qui pourrait suivre, même les lecteurs d'Anna Gavalda. Mais pour l'équipe chargée des scénarios de la série (c'est tout un atelier : chacun des auteurs doit avoir son personnage ou à la rigueur son groupe de personnages attitrés, c'est aux groupes des autres que les siens se trouvent confrontés - ah très franchement, j'aimerais voir de près comment le travail s'effectue dans ces petites usines, car il n'y a pas que le dialogue qui compte, il y a aussi l'arrangement des gros plans, des changements brutaux de séquences ou des transitions subtiles dont j'ai déjà parlé, un personnage ouvre une porte et pouf! on pénètre dans un  autre appartement en même temps qu'un autre personnage qui s'est substitué à lui, on attendrait du cahin-caha eh!bien non, ça se déroule assez bien) pour les scénaristes, donc, c'est une veine merveilleuse à exploiter. Imaginez: un personnage disparaît, un vilain monsieur, tricheur, hâbleur, voleur - soupir de toute la communauté, ouf! Mais trois ans plus tard coucou le revoilà, alors question brûlante : a-t-il changé? est-il devenu un bienfaiteur de l'humanité,va-t-il aider ceux qui ont besoin d'aide dans sa famille? Vous voyez la remarquable marge de manoeuvre des partisans du changement (les optimistes), mais les pessimistes ont tout autant leur mot à dire car ils brandissent leur conviction en branlant du chef et en rappelant tout ce que le vilain monsieur avait fait dans le passé, ce qui  peut facilement prendre autant de temps que l'action directe. De temps à autre, la sentencieuse remarque refait surface, ça donne à la simple guignolade défilée au jour le jour une espèce de fausse profondeur qui doit  impressionner une bonne partie du public. Vous imaginez l'arrière-plan de vérité que peut revêtir un dialogue du genre " On pourrait croire qu'il aurait changé, qu'il aurait lâché la drogue - ou la boisson, ou le jeu, ou le troussage permanent de jupons, selon le cas - eh!bien non, ma pauvre amie, il est encore pire, ah! on ne change pas,  que voulez-vous, on ne change jamais". De quoi, au fond, maintenir un suspens terrible parmi le public, chaque fois qu'un loustic ou une dévergondée réapparaît : je suis sûre que cela pourrait alimenter les paris, mais la boutique de style PMU et Cie a disparu de la série, il y a peut-être une pruderie nouvelle imposée au sujet sur les sujets des Iles britanniques (à voir, mais pas aujourd'hui si vous permettez). Rendez-vous demain, s'il ne pleut pas et ne vente pas, comme on dit joliment en Toscane - je vous l'ai déjà cité, mais l'avez-vous oublié?
                                                                                                  Lucette DESVIGNES.
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