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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 17:37

     A propos d'idoles (et je ne vous parlerai  pas de l'idole de Calcutta, il y aurait trop de saintes choses à dire sur le sujet, et même, je crois, de sacrées choses) je vous ai promis vendredi une petite histoire et je m'exécute séance tenante. Un pauvre homme accablé de misère vénérait au fond des forêts (c'était peut-être "un pauvre bûcheron tout couvert de ramée", mais je n'en suis pas sûre : ce dernier se colletait avec la Grande Faucheuse après l'avoir appelée à cor et à cri; mettons que le mien soit simplement son compère) une idole de bois installée au creux d'un vieil arbre. Il lui apportait des offrandes aussi régulièrement qu'il le pouvait, se saignant aux quatre veines pour obtenir d'elle une protection et peut-être même des bienfaits; mais sa condition misérable ne changeait nullement, au contraire même il lui semblait que le mauvais sort s'acharnait sur lui sans relâche. Aussi un beau jour décida-t-il que cette ferveur sans fruit ne devait pas continuer. Dans son emportement, et en se soulageant par de grands cris, il se saisit de l'idole et la jeta à terre puis la piétina. Miracle! Le bois en se brisant révéla un trésor de pièces d'or qui tira le malheureux de sa misère, mais il lui avait fallu d'abord brûler ce qu'il avait adoré. Je me rappelle (hein, Pinget! hein, Pérec!) le drôle de succès que j'avais eu, en Cinquième je crois, à la fin d'un trimestre consacré à La Fontain,e. En guise de couronnement, on nous avait demandé de puiser dans le trésor des fables celle' que nous préférions et dont nous préférions la morale. J'avais plongé dans les inconnuies et j'avais ramené de cette pêche miraculeuse "L'Homme et l'Idole de bois". J'avais fait ressortir la médiocrité de la forme mais j'avais exalté la morale. Comment! Enfin une fable où on ne célébrait pas la vertu, où on ne blâmait pas le vice ou les défauts courants! Enfin une fable qui encensait la colère et la révolte, au grand dam de l'obscurantisme! Mon enthousiasme avait supris mais non convaincu. J'en était restée, pour ma part, à cette morale coquine et indécente - et je ne connaissais pas les Contes à l'époque, dont on nous cachait même l'existence (je me suis bien par la suite demandé pourquoi - il n'y a pas là de quoi fouetter un chat, et si c'est moi  qui vous le dis...). A demain, au boulot!

 

                                                                                                        Lucette DESVIGNES.

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