Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 11:05
     Je viens de lire, en me tordant bien sûr, malgré ce "digest" de vers pathétiques, déchirants, poignants, ravageants etc.,le bel alexandrin par lequel Chevillard salue l'annuelle (ou presque) rentrée littéraire de Jardin (prénommé Alexandre pour éviter les confusions idéologiques): "Alexandre Jardin publie un nouveau livre". C'est le plus triste alexandrin du monde, précise-t-il, et je le suis volontiers dans cette déploration. Si je n'avais pas la flemme, je rechercherais dans les pages d'autofictif anciennes les mille et une mentions de cette manifestation littéraire fréquente,  guettée avidement pour être cisaillée lacérée aplatie - bref, écapoutie comme on dit en Saône-et-Loire : à mon humble avis, il n'y a pas mieux que ce sommet linguistique. Une grosse bébête noire, qu'il s'est trouvée là, et comme je le comprends! Moi aussi j'ai mes bêtes noires, et je suis certaine que vous en avez déjà deviné quelques-unes, mes belins-belines : par exemple, ces dames et demoiselles de la météo, toutes chaînes confondues, surtout si on les voit en pied. C'est que la position verticale prolonge les gestes arrondis de la manière la plus ridicule qui soit : quand on ne voit que la tête et juste un peu les épaules, ça vous épargne charitablement le regard, et certes vous suivez moins facilement les montées et descentes des températures, les aléas des fluctuations venteuses ou pluvineuses, les déplacements des brumes matinales et ensoleillements douteux, mais enfin elles vous tapent moins sur le système et vous ne les évoquez pas automatiquement comme des écrivaines (oh oui, pour elles, j'emploie le vocable honni) qui viennent vous faire concurrence dans les salons du livre de province. Mais j'en ai d'autres, moi aussi, de bebêtes noires, et pour moi aussi elles sont en relation avec le domaine de l'édition : moi c'est Gavalda la médiocre, la nulle, qui est au top des ventes (tant pis pour les acheteurs, ils n'ont que ce qu'ils méritent) et que j'aimerais supprimer du paysage commercial du livre. J'ai conservé le souvenir d'une critique saluant son dernier méfait : l'accumulation des insuffisances, des fautes, des débilités de la pensée ou de la ponctuation, la banalité à pleurer   des histoires - oui, c'était sévère! Et surtout le critique terminait en disant qu'on aurait beau montrer du doigt combien c'était minable, tout ça, rien à faire pour empêcher le public de faire grimper les tirages à des 6OO.OOO exemplaires par nouveau titre...Ah pauvre France! disait l'autre il y a déjà belle lurette, ton esprit fout le camp... C'est vrai , on ne s'est guère arrangé dernièrement. A demain, sur une tonalité d'écoeurement irrépressible.


                                                                                               Lucette DESVIGNES.
Partager cet article
Repost0

commentaires