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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 08:48

            A part des dynasties de frères qui sont ancrés dans le même commerce, par exemple les voitures d’occasion « as good as new », ou les familles qui continuent une fois expatriées en Grande-Bretagne l’artisanat de bouche traditionnel, par exemple les Pakistanais et la restauration, tantôt en plein air avec les samossas sur le pouce pour les clients de passage peu friqués, tantôt dans un cadre ethnique reconstitué dans ses chaudes couleurs dès qu’ils arrivent à une petite aisance  -  oui, à part ces cellules actives  formées par les habitudes familiales il est difficile de savoir quelles sont les professions des EastEnders dont je suis avec zèle le grouillement populeux. Il y a certes les petits marchands, à la sauvette - légumes et fruits, fleurs,  bimbeloterie - ou au décrochez-moi ça - vêtements de style farfouilloux, jouets à deux sous, sapins au moment de Noël - et puis un garage où on voit de temps à autre des réparations en train de s’effectuer, et puis une épicerie… mais précisément on y voit si souvent des vendeurs ou vendeuses se remplacer en boucle qu’on finit par se demander quel statut social ils peuvent bien avoir. Le beau chômeur devient masseur du jour au lendemain, les filles en rupture de lycée se transforment en manucures soins des ongles, voire coiffeuses, sans passer le moins du monde par l’apprentissage. Même chose autour de la cafétéria, où se succèdent selon les humeurs les chefs d’occasion, aucun d’eux ne faisant carrière. Que les gamines soient volontiers légères de la cuisse  n’étonne personne, pas même les services sociaux qui contemplent plus qu’ils n’interviennent. Plusieurs adultes mâles et femelles ont fait de la prison avant d’être remis en circulation ; le brocanteur est soupçonné par un de ses fils d’avoir tué sa femme, le médecin pakistanais pyromane a péri dans l’incendie qu’il avait lui-même allumé. Surtout, deux ou trois individus dont on ne sait pas grand-chose plastronnent comme des caïds dans ce petit territoire, ils ont de l’argent plein les poches et chacun sait que la provenance n’en est pas jolie jolie – drogue ? proxénétisme bien organisé ? paris sportifs ? (il y a aussi un ring de boxe aux combats assez douteux, et que le garagiste puisse payer comptant le club chic du quartier avant d’être accusé de meurtre passe parmi les nouvelles locales comme une chose toute naturelle) . Je vous assure que je me sens dépaysée quand je me retrouve là-bas. J’essaie d’y   découvrir des potiers ou des instruisoux, rien à faire ! Autant y chercher du beurre en barre ou des œufs cubes.

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